LES ADIEUX
Je souffre, hélas! sans espérance, D'un mal que rien ne peut dompter; Mon seul remède est dans l'absence :
Faut-il partir? faut-il rester?
Mais désirer toute sa vie , Et ne jamais rien obtenir; Toujours aimer ingrate amie, C'est trop de mal : il faut partir.
Pourtant un jour, m'a dit Glycère, Mon cœur ne peut te résister i Amitié tendre est ton salaire. Ali! répondis-je, il faut rester.
Mais soupirer toute sa vie Sans faire naître un seul soupir ; Brûler d'amour pour froide amie, C'est trop de mal : il faut partir.
Si pourtant cette amitié tendre , A chaque jour peut s'augmente^ Et si l'amant peut s'y méprendre, Ah ! je crois, moi, qu'il faut rester. Non , non , mon cœur en vain l'espère , Et dès demain il faut partir; Mais aujourd'hui, dis-moi, ma chère, Quand ton ami doit revenir.