‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 201 sur 263 · BÉLIAL · texte numérisé non relu

BÉLIAL

Ilhistres compagnons de mes maux, de ma gloire, Autant et plus que vous j aspire à la victoire. Dans les plaines de l'air, terrible et menaçant, J'osai lever le bras contre le Tout-Puissant, J'ai vu notre ennemi s'étonner de ma rage : L'Eternel m'a vaincu, sans vaincre mon courage. Mais dans quel temps, hélas! oserions-nous tenter De détrôner celui que rien n'a pu dompter? Nos membres, sillonnés et meurtris de la foudre. Si Dieu parle, bientôt vont se réduire en poudre : Ce Dieu peut d'un seul mot, vous le savez trop bien. Faire que rien soit tout, et que tout ne soit rien.

MOLOCH

Eh bien ! qu'il nous détruise.

SATAN

Ou plutôt qu'il succomba ; Sur son trône ébranlé qu'il chancelle et qa'il tombe. Est-il donc tout-puissant ? dois-je ainsi le nommer? Non, car il ne peut pas me forcer à l'aimer. Et toi, vaillant guerrier que la fondre épouvante, Va montrer à ton Dieu ton âme repentante : De tes tristes exploits demande-lui pardon; De lui tu l'obtiendras, on dit qu'il est si bon !

Mais nous que la vengeance anime ,

Sortons des gouffres de l'abîme; Ebranlons l'univers jusqu'en ses fondemens ; Portons jusques aux cieux et l'horreur et le crime ,

Et confondons les élémens.

Et toi, qui te dis notre maître ,

Si tu peux tout , fais-le connaître ;

Frappe, déchire, détruis -nous , Et que l'affreux néant nous engloutisse.

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