‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 204 sur 263 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les Précédens, ANAMALEC..

ANAMALEC.

Ah ! l'aspect des enfers soulage ma souffrance.

SATAN

Eh bien! apportes-tu la rage ou l'espérance?

MOLOCH

Parle.

ANAMALEC.

Modérez-vous ; mon récit est affreux.

J'ai parcouru la terre , et j'ai vu l'homme heureux,

TOUS

Heureux !

ANAMALEC.

J'en ai frémi de honte et de colère.

Mou courage pourtant n'en fut point abattu.

3l8 ABEL,

Dans le cœur de Caïn j'étouffai la vertu; Je lui soufflai Tenvie , il haïssait son frère , Je triomphais; mes vœux allaient être exaucés.... Mais ces frères....

MOLOCIl.

Achève.

ANAMALEC.

Ils se sont embrassés.

TOUS

Embrassés! Ah!

MOLOCH

La guerre ! une éternelle guerre !

CHŒUR

O honte ! ô supplice ! ô douleur ! Armons-nous; portons sur la terre Le désespoir et le malheui.

ANAMALEC.

Ils ne jouiront point de leur intelligence; De cette affreuse paix je tirerai vengeance. Déjà dans ma fureur j'ai renversé l'autel Où Caïn préparait ses dons à l'Eternel; Et déjà dans son cœur j'ai vu rentrer la haine.

SATAN, d'un ton concentré.

L'homme serait heureux !

ANAMALEC.

Non, sa perte est certaine.

Ce n'est point ce Caïn que je veux accabler; Tourmenter un méchant est un crime vulgaire ; C'est Abel innocent qu'il nous faut immoler.

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