‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 216 sur 263 · EN UN ACTE ET EN VERS , MÊLÉ DE MUSIQUE · texte numérisé non relu

EN UN ACTE ET EN VERS , MÊLÉ DE MUSIQUE

REPRÉSENTÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS SUR LE THÉÂTRE DE l'opéra-comique national, LE 19 SEPTEMBRE 1794-

PERSONNAGES

CALLIAS , premier magistrat des Phocéens.

MEGES, citoyen de Crissa.

CLÉONE , fille de Mégès.

ANTÉNOR, fils de Callias, amant de Cléone.

LÉONTÉE , général des Phocéens.

DORIS, amie de Cléone.

SAPOR, ambassadeur de Xercès.

Uis Soldat phocéen.

Peuple.

Soldats.

La scène est à Crissa, ville de la Phocide ^ sous le pérystîle du palais du peuple , et devant le temple de ■ Mars.

A l'époque où cet ouvrage fut représenté , tout auteur dramatique était obligé de payer son tribut à l'esprit du jour, et de donner un gage public de ses sentimens patriotiques. Compris dans la loi commune, M. Hoffman chercha long temps à s'y soustraire; mais ses amis, craignant qu'une plus longue résistance n'eût pour lui des dangers réels , le déterminèrent à faire cet acte de civisme littéraire. Toutefois, en cédant à leurs conseils, M. Hoffman sut encore trouver le moyen de ne pas sacrifier à l'hydre révolutionnaire. Il célébra l'amour de la patrie , amour qui est de tous les temps et de tous les pays , et ne mit dans la bouche de ses personnages que des discours conformes à leurs mœurs et à leurs caractères. Ce sont de véritables Grecs de Marathon et de Salamine , et non des Français de l'an 2 de la république une et indivisible.

L'action du drame de Callias ne présente aucune intrigue," mais la situation des deux amans est intéressante , et le dénouement , aussi terrible qu'imprévu, offre un tableau d'un effet très-touchant et très-dramatique. Le style de cet ouvrage a de la force, de la couleur, et s'élève souvent jusqu'aux images les plus poétiques. De légers changemens suffiraient pour replacer ce drame au répertoire. Le sujet et le dialogue sont absolument analogues à la situation des

34o AVERTISSEMENT.

Grecs modernes. Tout Hellène, chargé de répondie à l'un des pachas du sultan de Stamboul , ne lui dirait-il pas comme Callias à l'envoyé de Xercès:

Vous ne m'étonnez pas : eu vous la servitude Fait (le l'obéissance une utile habitude; Mais chez nous la valeur peut seule décider Si l'esclave à des (xrecs a droit de commander. Quand vous pourriez sur nous usurper la victoire , Vous n'aurez , croyez-moi , qu'une stérile gloire. Cessez de nous tenter, vos soins sont superflus: Quand nous serons soumis, nous n'existerons plus.

Ce dernier vers est très-beau.

La musique de Grétry contribua au brillant succès de la pièce.

CALLIAS

ou

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