C SOEUR
A cet autel
BION
Va former les nœuds les plus doux.
CHŒVR.
Va former
BION
L'aimable Nysa se marie.
CHOEUR
L'aimable
BION
Qu'elle choisisse son époux.
CHOEUR
Qu'elle choisisse
BION à Nysa.
A qui consacres-tu ta vie?
Ton cœur est libre.
NYSA se jette dans les bras de BioTii.
C'est à vous.
ENSE3IBLE.
CHOEUR
Dieu de Paphos et de Cythère , Viens ranger deux cœurs sous ta loii
AGÉNOR
Ah I rien n'égale ma colère :
Peut-on mieux se jouer de moi?
CUATÈS.
De ton amour c'est le salaire, Tu l'as voulu, console-toi.
ENSEMBLE
NYSA, à Bion.
Voyez comme il se désespère, Tout son cœur est glacé d'effroi.
BION
Chère Nysa, laisse-moi faire j Vous «erez tous contens de moi.
BION , à Agénor «t à Cratès.
Maintenant, pour ce mariage, Comme vos soins sont superflus , Amis, je ne vous retiens plus.
[Au chœur.) Souhaitons-leur un bon voyage.
Z£ CHOEUR salue Agénor.
Salut au sage de la Grèce, Au disciple du grand Platon; S'il sait enseigner la sagesse.
Il joint l'exemple à la leçon.
AGÉNOR
Bion, je sens mes torts; croyez que je m'accuse Plus fortement encor que vous; Mais un seul mot, et jugez-nous; J'ai vu Nysa, c'est mon excuse.
BION
Ami, je n'ai point de courroux:
J'ai voulu vous faire connaître Qu'il ne faut jamais usurper Des droits qu'on obtiendrait peut-être Sans vouloir séduire et tromper,
THÉATRli. T. I. 37
4 r 8 BION ,
CRATES, à Agénor.
Quoi! VOUS n'avez pas vu, dans votre erreur extrême , Que les événemens, avec art ménagés
AGÉNOR
Et les vers
CRÂTÈS.
C'est Bion qui les a corrigés.
Non, car je les ai faits moi-même.
AGÉNOR
Fuyons ces bords, et pour jamais.
Je suis puni, je le mérite.
Adieu. iSIais vous dont les attraits Resteront dans mon cœur, me suivront dans ma fuite,
Vous que j'adore et que j'évite,
Cruelle , dites-moi comment
Vous pouviez avec tant d'adresse ,
Tromper le plus sensible amant.
Et vous jouer de sa tendresse?
Mais, que dis-je? sortons de ce funeste lieu; Je vais mourir de honte et de douleur. Adieu. ( // va pour sortir ; les bergers se séparent. La statue disparaît, et on voit à sa place un enfant vêtu comme l'Amour. ) Dieu! que vois-je? \
BION
Ecoutez , que rien ne vous étonne.
l'enfant.
" Arrête, l'Amour te l'ordonne.
» Ton repentir suffit à ta punition;
COMÉDIE. XlQ
» Tes torts sont oubliés, l'Amitié te pardonne: » Sois l'époux de Nysa, sois l'ami de Bion. »
Serait-il vrai , grands dieux ! quelle reconnaissance !
NYSA , se jette dans ses bras.
Cher Agénor, enfin , je puis vous consoler!
AGÉNOR
Bion.... Nysa.... c'est vous....
NYSA
Je n'osais vous parler, On m'avait ordonné de garder le silence.
CRATÈS
Eh bien ! je m'en doutais.
AGÉNOR, très-ému.
Ah ! quel coup pour mon cœur î Quoi! vous que j'ai trahi, vous faites mon bonheur!
BION
Oui, mon ami, c'est ma vengeance.
J'ai promis à Nysa de combler tous ses vœux ; Dès qu'elle vous aimait, vous deviez être heureux. Mais comme votre amour allait un peu trop vite ,
J'ai cru devoir vous en punir :
C'était, mon cher ami, pour vous faire sentir Qu'un bonheur sans remords a bien plus de mérite.
AGÉNOR
Nysa, vous saviez tout?
NYSA
Je devais obéir.
BION
Les vers, le rendez-vous, l'apprêt du mariage, Tout est de ma façon; et pour dernier ouvrage, J'ai fait dire à l'Amour ce qu'il vient d'ordonner.
CRATÈS
Le jeune philosophe est plus heureux que sage.
BION
Gardons-nous de trop condamner Celui que trop d'amour a pu rendre coupable. Je sens que je suis homme, et jaime à pardonner
Les fautes dont je suis capable
AGÉNOR
Ah! Bion, vos bienfaits....
BION
Paix ! dans cet heureux séjour, Ne pai'lons que d hymen , de plaisir et d'amour.
Dieu de Paplios et de Cytlière, Viens ranger deux cœurs sous ta loi.
AGÉNOR
L'épouse est digne de ta mère.
NYSA
Et l'époux est digne de toi.
TOUS
Dieu de Paphos , etc.