‹ Œuvres de F.-B. HoffmanChapitre 51 sur 263 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Précédées, NEPHTÉ, Femmes de sa suite qui restent au fond.

NEPTHÉ , inlerrompani le chœur.

Juste ciel! quels cris se font entendre ! Quelle profane joie en ces jours de douleurs, Insulte à mon époux , et se mêle à mes pleurs ?

PHARES

Ah! reine! pardonnez au motif qui l'inspire; Il nous fallait un chef, et ces braves soldats

3o NEPMTÉ ,

Ont fait choix d'un guerrier qui les guide aux combats. C'est moi qu'ils ont chargé de veiller surTempiie.

NLPHTÉ, Indignée.

Ce peuple ? vous ! Phares !

PHARES

Le frère de Séthos Se montrera toujoiu^s digne de ce héros. Il sama l'imiter.

KEPTHÉ.

O ciel! puis-je le croire?

Peuple, vous ignorez

PHARES, interrompant vivement.

Oui, peuple , un assassin Du plus aimé des rois osa percer le sein.

(A Nephte.) Pensez-vous que Phares en perde la mémoire ? Je connais le coupable , et son supplice est prêt. Je sais trop qu'Amédès, par un zèle indiscret, De venger votre époux veut s'arroger la gloire , Mais chef de nos guerriers, et frère de leur roi. L'honneur de le venger ne regarde que moi.

NEPHTÉ,àpart.

Dans quel abîme affreux suis-je donc descendue? Me faudra-t-il toujours étouffer ma fureur?

PHARES

Belle Nephté, la gloire en ces lieux répandue Flatte bien faiblement mon cœur; Elle comblerait mon bonhem", Si de vous je l'avais reçue;

Et snr le trône assis, j aurais fait mon plaisir, De vous servir sans cesse et de vous obéir. ( Ceiie scène de Phares et de Nephic se passe sur le devant du théâtre , sans être entendue du peuple. ) KEPUTÉ.

Gardez , envahissez le trône ; Je ne Tenvierai point, il vous a trop coûté.

Bientôt Memphis qui vous le donne , Saura par quels exploits vous Tavez mérité:

Gardez, envahissez le trône; Je ne Tenvierai point, il vous a trop coûté.

CHŒUR

Invincible Phares , vertueuse Nephté , Unisse z- vous , régnez, partagez la couronne.

PHARES

Mais pom-quoi de Séthos ne vois-je point le fils? NEPHTÉ.

Mon fils ! dieux !

PHARES

En mes mains il doit être remis.

NEPHTÉ.

O ciel! qu'ai-je entendu?

PHARES

C'est à moi de l'instruire; Je dois l'accoutumer au fardeau d'un empire.

NEPHTE.

S'il faut au diadème habituer son front, Sa mère vit encore, et ses mains suffiront.

PHARES

Mais pomquoi nous cacher le fils de notre maître?

32 NEPHTÉ ,

Il faut qu'il vive au sein de ses sujets , Qu'il s'habitue à les connaître.

( Aux soldais. ) Qu'on cherche cet enfant.

( Quelques soldats sortent. ) NEPHTÉ.

O comble des forfaits !

PH.\RÈS

Soldats, allons au temple offrir un sacrifice; Contre nos ennemis implorons la justice; Et quand l'aube du jour blanchira les coteaux, Demain, aux bords du Nil, assemblez vos drapeaux. Vous, Ncphtc , je n'ai plus qu'vin seul mot à vous dire : Si Memphis d'un vainqueur éprouve le courroux , Si vous perdez cnfm votre fds et l'empire , Inflexible Nephté , n'en accusez que vous.

CHŒUR, à Nephlé.

Acceptez un époux que tout Memphis admire ; Couronnez ce héros , il est digne de vous.

[Phares sort suivi des soldats.)

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