SCÈNE IV
Les Précéde>îs, AMEDES, Soldats.
CHŒUR , qui esl interrompu par Amédès.
Hymen
AMEDES , entrant avec des soldats armés.
Cessez, cessez un affreux sacrifice; Par des vœux criminels n'irritez pas les dieux. Aux mânes de Séthos il faut faire justice. L'assassin vit encor, même il est dans ces lieux; Songez à vos sermens.
AMÉDÈS ET SOLDATS de sa suite.
Que le monstre périsse !
ÏHEATRB. T. l. 1
5o NEPHTÉ ,
AMEDES seul, armé d'un poignard.
Assez et trop long-temps il sut braver les lois; Sur ce vil meurtrier tombons tous à là fois. Qu'il périsse !
NEPHTÉ.
Arrêtez ! j'ai vengé la patrie.
AMÉDÈS.
Quoi! vous-même, Neplité, vous protégez l'impie!
Peuple , prêtez l'oreille à ma mourante voix. Sur les bords de la tombe où votre roi m'appelle, Dans ce temple où bientôt je vais mourir fidelle
A l'époux le plus regretté , Je vais vous découvrir T affreuse vérité. Phares est l'assassin ; c'est lui dont la furie Au plus aimé des rois fit arracher la vie ; La fortune sourit à tous ses attentats.
Souillé du meurtre de son frère , Pairicide impuni, respirant l'adultère.
Il voulut me forcer à passer dans ses bras. Et moi, mète tremblante, épouse infortunée,
Reine sans trône et veuve abandonnée.
Je n'avais à choisir que l'opprobre ou la mort; Mais le ciel à la fin eut pitié de mon sort. Apprends donc, ô tyran! comment cet hyménée A la mienne en ce jour unit ta destinée ! Apprends, et s'il se peut, écoute sans frayeur, Comment Nephté sut mettre un frein à ta fureur. Contrainte de traîner la chaîne nuptiale , Et d'accepter la main qui me faisait horreur,
TRAGÉDIE. 5l
Moi-même j'ai versé dans la coupe fatale Un poison qui déjà te dévore le cœur.