SCÈNE IV
OTHON, INA, conduite par des gardes^ INâ , aux gardes.
Où me conduisez-vous?... Ciel! Othon!
UN GAaDE.
Nous avons Tordre de vous laisser près de lui.
(Les gardes se retirent dans lefond.\
OÏHON.
Approchez, belle In a; ne me redoutez point.
INA
Te redouter, monstre ? va ! tu ne m'inspires que Thorreur. J'ignore comment tu as pu me faire croire coupable du crime dont on m'accuse; mais quel que soit mon supplice , il n'égale pas celui de t' avoir devant les yeux.
OTHON
Poursuivez, Ina; ce ton convient sans doute à voire malheur.... mais quelle que soit votre haine, rien ne me détournera de vbus rendre l'innocence.
INA
Me rendre l'innocence ! perfide ! me Fas-tu ravie ? Tu as voulu me perdre , tu as réussi; mais mon âme est tranquille, et ma^mort te fera trembler. Les hommes égarés me condamnent ; mais mon juge est là -haut, il sera le tien. Opprimé par les méchans , il reste au juste le sein de l'Eternel. Jouis de la vie affreuse qui te j^ste à traîner sur la terre; tu
2o8 ARIODANT ,
mourras un jour, et ta mort sera plus aflOreuse que celle qu'on me prépare. Ton âme et la mienne ne prendront pas la même route; aux lieux où Dieu m'appelle , ]t ne crains pas de la rencontrer.
OTHON
In a, le glaive est suspendu sur votre tête; en me bravant vous courez au trépas.
INA
Mais je te fuis, et cela me console.
OTHON
Femme cruelle, écoutez-moi...:. Oui, ]e suis un monstre , vous devez me haïr. Par une trame affreuse, j^ai osé noircir l'innocence. L'amour, l'amour furieux m'a fait commettre le crime qui cause votre malheur. Faut -il tout dire? j'ai voulu vous forcer à avoir besoin de mon secours ; on vous croit criminelle , je suis seul coupable; mais un mot de vous peut tout réparer, et vous rendre le bonheur. Consentez à m'avouer pour époux; supposons, déclarons qu'un mariage secret a rendu légitime la démarche qu'on vous reproche comme un crime digne de mort. Dès-lors vous n'êtes plus fille d'Edgard : épouse d'Othon, vous échappez k la loi terrible qui demande votre sang.
INA , arec calme et digp[iitë.
Le supplice qu'on me prépare est donc bien affreux , s'il faut que je lui préfère le malheur d'être à toi?
OTHON
Vous osez résister?
INA
Tu oses me proposer de m'avilir ?
BRAME; ÙTHON.
liia ! Ina ! le supplice vous menacé.
INA
Il a commencé dès que je t'ai connu;
OTHON
Femme imprudente, votre orgueil;.
iKA.
L'orgueil sied i la vertu persécutée;
OTHON
Un mot , un mot de vous.
ma.
Tins , monstre ; voilà ce mot
DUO
OTHON
Eh bien ! allez, perdez la vie ^ Je vous livre à votre destin.
INA
Moi , je te livre à l'infamie ^ Et cet arrSt est plus certain.
OTHON
C'est votre adieu?
INA
Qu'il te soffiséi
OtftON.
VOUS me Wvez?
ÎNA.
Je te mépriset
Suivez-mes pas.
^£atbb. t. q. ii
iàog
tXlÙ ARIODAKT,
Affreux destin l
OTHOIÏ.
UnlssonsHOiOiis.
INA
Lien funeste !
OTHON
Je t'aime encor....
INA
Je te déteste.
OTHON
Je suis toujours....
INA
Mon assassin.