I4ÉON
Suivez-moi.
LAURE
Fuis, tu me fais horreur.
LÉON
Tremblez pour tout ce qui vous est cher; votre père viendra dans l'espoir de vous venger, il succo^ibera, et sa mort.
Il la préférera au déshonneur de sa fille. f
LÉON
Cette femme qui vous a élevée , qui vous console , vous ne la verrez plus.
LAURE
Je lareyerrai dans un- lieu où je ne crains pas de te rencontrer.
LÉON
Vous m'irritez? eh bien , n'accusez que vous des excès auxquels je vais me porter : ce n'est plus un amant, un époux que vous avez devant les yeux.
288 LÉON
LAURE
C'est un tigre que j'abhorre.
LÉON
Vous connaîtrez sa fureur. Je vais moi-même vous traîner
LAURE, reculant
Ne m'approche pas.
LÉON , allant à elle.
Le sort en est jeté.
LAURE, derrière la table.
Mon dieu, ayez pitié ,.
LÉON
Vaine prière ! vous êtes à moi.
LAURE , tabit un cimteau tar la table.
Il exauce mes vœux. Vois-tu ce fer tourné contre mon sein? avec ce secours du ciel, je brave ta foreur. Si tu approches, si tu fais un pas , si tu fais entrer tes bourreaux, je me perce le cœur, et j'expire à tes yeux.
^ LÉON
O rage !
LAURE
Yu hésites, monstre, tu frémis de col^e; toute ta puissance échoue contre.^e vil instrument!
LÉON
Quittez ce fer, quittez-le.
LAURE
Si tu avances , je me frappe. {Elle lèi^e le bras.)
LÉON
Arrêtez.