SCÈNE X. LAURE, VENERANDE, ROMUALDE, LÉON
LÉON
( // pose sur la table les pistolets qu'il avait à la main.)
Vieillard, sens-tu enfin que tu n'as rien à espérer de la fortune? ta honte est-elle au comble? Sois sincère, quel est le sentiment qui règne à présent dans ton cœur ?
ROMUALDE.
Le mépris.
LÉON
Tu ments. Un homme d'esprit ne méprise point un ennemi puissant. Tu peux bien mépriser la mort....
ROMUALDE.
£t r assassin.
LÉON
Eh bien! ose continuer sur ce ton. Voilà ta fille; elle est ma captive , mon- esclave , ma proie : si dans rinstant tu ne lui ordonnes pas de me regarder comme son époux , disr-lui ua éternet adieu.
3l2 LéON,
ROMUALDS.
Adieu , ma fille !
VENERANDE.
Brave homme ! brave homme !
LÉON
Eh bien ! vous périrez tous trois.
Tant mieux ! les bons sont martyrs dans cette vie ; les méchans le seront dans l'autre.
LÉON
Mes soldats attendent mon ordre ; si je sors , tout est fini pour vous.
ROMUALDE.
Ma fille, m'aimes-tu?
LAURE
Âh ! dieux !
ROMUALDE.
Ferais-tu pour ma gloire , ce que je ferais pour ton bonheur?
LAURE
Tout.
ROMUALDE.
Prononce donc.
LAURE regarde son père.
Mourons.
ROMUALDE.
Embrasse ton père , pour la dernière fois.
YENERANDK
Mon dieu , regarde-les.
Si je sors , te éis-)e , vous périssez tous trois. ( Trou heures sonnent. ) Eatends-tu l'heure de la mort?...
BRAMfi. l3
ROMUALDE.
Sors donc.
LÉON
Adieu!
(Bomualdâ , Laure et Vénénmde tombent à genoux.)
SCÇNE XL
LES precédehs, ferrant, temmt une corde.
LÉON
Que me veux-tu? que viens-tu faire ici?
FERRANT
Seigneur, vous allez le savoir. Grande nouvelle !
LÉON
Je ne t'ai point appeléi pourquoi ouvrir cette grille ?
FERRANT
Nous allons faire une capture.
LÉON
Que veux-tu dire? -
FERRANT
Il y a ici quelqu^un qui se croit bien en sûreté et qui se trompe étrangement.
De qui parles-tu?
FERRANT
De r>amant de cette jeune dame.
LÉON
Gomment , Louis !
LAURE, ROMUALDE bt YENERANDE.
Ciel!
FERRANT
Il n'est point mort , il s'est introduit dans le château.
3l4 LÉON,
LÉON
Qu'on le saisisse. ^
FERRANT
Je sais où il est caché. Vos gardes vont le condairc devant vous.
LÉON
Sur-le-champ.
FERRANT
Vous allez être obéi.
LAURE
Louis va périr avec nous.
Il en est digne.
FERRANT, frappe d«ns sa main» et crie*
Garde!