SCÈNE VIL KBRK, NORTON
KIRK
Norton, j'ai besoin de vos conseils; je suis inquiet; les habitans de ce pays sont disposés à la révolte : quels moyens croyez -vous que je doive employer pour l'éviter?
NORTON
Mes conseils ont toujours paru vous déplaire ; je ne dois plus m'exposer à vous en donner.
KIRK
Si je n'en avais pas besoin , je ne vous appellerais
jpas. Répondez : quel parti dois-je prendre pour ap^
paiser le peuple ?
NORTON
Justice , clémence , humanités
kire:.
Je sais que ce sont là vos principes; vous êtes modéré, Norton. Mais ne craignez-vous rien de leur vengeance? est-il temps d'employer la douceur?
NORTON, n est toujours temps d'être humaiii.
Vous croyez donc qu'ils oublieront les maux qu'ils ont soufferts?
NORTON
Ils oublieront tout, si vous devenez juste; on pardonne beaucoup aux circ^onstances. La rigueur peut être excusée un moment qu^d la crise est violente ; mais les barbaries^xercées de sang-froid, les crimes inutiles, les atrocités réfléchies, voUà ce qui ulcère le cœur, ce qui amène tôt ou ts^d la chute ou la mort
des persécuteurs.
iURKi
Et penses -vous qu'on cesserait de me haïr, si je
me relâchais de ma sévérité?
NORTON, Os béniront la justice , quelque tardive qu'elle soit.
KIRK
Et si je continue sur le même plan?
NjOBLTON.
Jt ctaios pour vous.
36 IJS BRtGAND ,
KIRK
Vous avez donc des raisons pour craindre ? voiui connaissez donc leur façon de penser?
NORTON
Ils se taisent devant vous; ils paraissent soumis , abattus; mais, n^en doutez pas^ ils murmurent et haïssent.
Us murmurent, vous le savez , et vous ne les punissez pas?
NORTON
Seigneur, écoutez-moi; il est temps encore. Vous vous perdez, et c'est vous qui voulez vous perdre.
Soyez juste , soyez sensible ; Rendez la pait à ce canton , Et ce peuple heureux et paisible , Ooblira ses malheurs , bénira votre nom.
QuMl est cruel d'être inflexible !
Qu'il est doux d'accorder un généreux pardon !
La rigueur est toujours pénible ;
U en coûte moins d'être bon*
Soyez juste , soyez sensible ,
Et ce peuple heureux et paisible Ooblira ses malheurs , bénira votre nom.
Mais dans votre fureur, si rien ne vous arrête, Et s'il vous faut toujours du sang , Tremblez , tremblez pour votre tête.
Je vois déjà sur vous se grossir la tempête , Et la foudre des cieux atteint le plus puissant*
Soyez juste , etc.
KIRIC
Allez, je réfléchirai à ce que vous venefe de me dire*
ORAII^. 37