‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 24 sur 269 · SCÈNE VIL KBRK, NORTON · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL KBRK, NORTON

KIRK

Norton, j'ai besoin de vos conseils; je suis inquiet; les habitans de ce pays sont disposés à la révolte : quels moyens croyez -vous que je doive employer pour l'éviter?

NORTON

Mes conseils ont toujours paru vous déplaire ; je ne dois plus m'exposer à vous en donner.

KIRK

Si je n'en avais pas besoin , je ne vous appellerais

jpas. Répondez : quel parti dois-je prendre pour ap^

paiser le peuple ?

NORTON

Justice , clémence , humanités

kire:.

Je sais que ce sont là vos principes; vous êtes modéré, Norton. Mais ne craignez-vous rien de leur vengeance? est-il temps d'employer la douceur?

NORTON, n est toujours temps d'être humaiii.

Vous croyez donc qu'ils oublieront les maux qu'ils ont soufferts?

NORTON

Ils oublieront tout, si vous devenez juste; on pardonne beaucoup aux circ^onstances. La rigueur peut être excusée un moment qu^d la crise est violente ; mais les barbaries^xercées de sang-froid, les crimes inutiles, les atrocités réfléchies, voUà ce qui ulcère le cœur, ce qui amène tôt ou ts^d la chute ou la mort

des persécuteurs.

iURKi

Et penses -vous qu'on cesserait de me haïr, si je

me relâchais de ma sévérité?

NORTON, Os béniront la justice , quelque tardive qu'elle soit.

KIRK

Et si je continue sur le même plan?

NjOBLTON.

Jt ctaios pour vous.

36 IJS BRtGAND ,

KIRK

Vous avez donc des raisons pour craindre ? voiui connaissez donc leur façon de penser?

NORTON

Ils se taisent devant vous; ils paraissent soumis , abattus; mais, n^en doutez pas^ ils murmurent et haïssent.

Us murmurent, vous le savez , et vous ne les punissez pas?

NORTON

Seigneur, écoutez-moi; il est temps encore. Vous vous perdez, et c'est vous qui voulez vous perdre.

Soyez juste , soyez sensible ; Rendez la pait à ce canton , Et ce peuple heureux et paisible , Ooblira ses malheurs , bénira votre nom.

QuMl est cruel d'être inflexible !

Qu'il est doux d'accorder un généreux pardon !

La rigueur est toujours pénible ;

U en coûte moins d'être bon*

Soyez juste , soyez sensible ,

Et ce peuple heureux et paisible Ooblira ses malheurs , bénira votre nom.

Mais dans votre fureur, si rien ne vous arrête, Et s'il vous faut toujours du sang , Tremblez , tremblez pour votre tête.

Je vois déjà sur vous se grossir la tempête , Et la foudre des cieux atteint le plus puissant*

Soyez juste , etc.

KIRIC

Allez, je réfléchirai à ce que vous venefe de me dire*

ORAII^. 37

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