SCÈNE IX
LES PRÉGÉDEKS, YILLIÂM, BLUCK, SOL0ATS.
KIËK.
Approchez , et répondez sans crainte ni dissimula*
tion.
VILLIAM.
Je ne crains ni toi ni tes bourreaux, et je te méprise trop pour recourir à la feinte.
BJRK.
Vous l'entendez, Norton. Yilliam, est-il vrai que ayez conspiré contre la liberté?
VILLUM.
Si j'avais voulu être esclave , on ne m'accuserait pas de conspirer contre la liberté.
KIRK
Villiam, soyez aussi calme que moi; vous allez pa-. raître devant vos juges , et vos emportemens vous y serviraient mal.
VILLIAM.
Si mes juges sont des hommes, la fierté d'un opprimé ne les empêchera pas d'être justes. Si mes juges, te ressemblent, je n'ai rieù à leur répondre; l'accusation et la mort ne sont qu'une même chose pouiç^
vous.
KIRK
Vous haïssez le Protecteur?
yiLLIAM.
Oui.
Vous avez traité de tyrannie son autorité légitime?
. VILLIAM.
Si j'ai toujours haï le despotisme, juge combien je déteste les bourreaux qui parlent de liberté.
KIBK, Vous faites, donc des voeux pour notre ruiae ?
VILLIAM.
Chaque jour j^appelle la vengeance du Ciel sur la. tête de nos persécuteurs : puisse ma mort être le signal de leur chute et de ton supplice !
KIRK
îîorton , jugez vous-même.
NORTON
Seigneur, il faut que cet homme ait l'esprit égaré ,^ ou que ses malheurs l'aient cruellement aigri contre
KIRK
Vous rexcusercz peut-être ?
VILLIAM.
Je te salue , homme humain; je ne croyais pas te trouver ici.
KIRK, avec colère.
Il VOUS remercie , Norton.
VILLIAM.
Je ne demande point qu'on plaide ma cause devant toi; mon innocence la plaidera bientôt au pied du trône de TËternel : épargne-moi la vue de ton affreux tribmial; ses jugemens sont plus horribles que ses sa^lices. Pour toi, s'il te reste, je ne dis pas de la pitié , mais un souvenir d'humanité , laisse-moi revoir une épouse que ma mort va condamner au désespoir, et qui n'a de tort que d'avoir paru à tes jeux.
KIRK
Tu la verras. Sors d^ici; je t'abandonne à tes juges.