SCÈNE III. ^ ALEXANDRINE, LINVAL
Ma chère Alexandrii^e , nous sommes exposés au
plus grand danger. Yous me voyez dans la plus vive
inquiétude.
ALEXANDRINE
Qu'avez-vous , Linval? quel danger peut me menacer enccH'e? ne m'aimez-vous plus?
LINVAL.
Ah! je t'aime plus igpie jamais, et Cependant il faut nous séparer.
GÔMÉBIÊ. G^
ALEXANDRINE
Nous séparer? et c'est vous qtii le dites! vous accourez pour me le dire?
LINVAL.
Écoutez-moi, de grâce! ne me condamnez pas sans m'entendre.
ALEXANDRINE
Si je vous écoute , vous aurez raison.
LINVAL.
IVfon oncle doit bientôt arriver ici.
ALEXANDRINE
Votre oncle?
LINVAL.
Hélas ! oui. J'ai cru qu'il resterait plus long-temps à la campagne, voilà pourquoi j'ai osé vous loger ici: mais j'apprends qu'il va revenir, et s'il voustrouvait dans sa maison , nous serions perdus.
ALEXANDRINE
Vous n'avez pas toujom's été si prudent et si timide.
' LINVAL.
Âh ! vous ne savez pas ce qui le ramène.
ALEXANDRINE
Parlez.
LINVAL.
Il veut me marier, et il conduit avec lui l'épouse qu'il me destine.
ALEXANDRINE
Vous marier! Ah ! je reste. Je m'attache à vous, je ne vous quitte plus. Vous marier ! j'espère que ce ne sera qu'après ma mort. ^
LINVAL.
Chère amie , calme-toi. Tu sais bien que je ne puis
70 LR JOCKEl,
l'abandonner; mais an moins conjurons Forage. Je t^ai déjà dit cent fois que je n'ai point de fortone ; toot ce que je possède, je le tiens de mon oncle. Il m'aime comme un fils , il me destine tout son bien ; mais en échsuDge , il veut que je lui obéisse , il veut que j'accepte pour épouse la fille d'un de ses amis. En le brusquant , je perds tout, et je te rends malheureuse, laisse-moi le temps de lui faire changer de résolution; éloigne -toi de cette maison qui est la sienne y et où tu ne pourrais te cacher à ses jeux. Notie séparation ne sera pas longue, et linval mourra plutôt que d'être infidèle.
ÂLtEX^NDRINE.
Je reste.
LINVÀL.
Voq^ restez? Et que deviendrons -nous si mon oncle vous voit ici?
ÂLËXANDRINE.
Fiez-vous à moi , j'ai lui moyen de parer à tout.
LINVAL. •
Quel moyen ?
ALI^IiCDRINE.
Une ruse que j'avais imaginée poijc autre chose ^ mais qui me servira admirablement aujourd'hui.
LINYAL.
Mais mon oncle!....
AL£XANDBJN£.
Vôtre oncle me verra.
Que dira-t-il?
ALfiXANDRINE.
Il me dira que je j^tiisfort aimable.
€OM£DI£. yi
LINVAL.
Ma chère Alexandrine, vous ne connaissez pas mon oncle ^ quand il a une chose en tête
ALEXANDRINS
Laissez-moi faire, vous dis^je^ je resterai près de vous.
UNVAL.
Et cette femme qui va venir ici?
ALEXANDRINS
Cette feiûme me verra.
LINVAL.
Mais , y pensez-vous? ^
ALEX^ïDRINE.
J'ai pensé à tout ^ je vous le répète , j'ai un moyen sûr de pouvoir rester près de vous sans effaroucher
personne.
LIÏïVAL.
A ce projet , à ce mystère , Je jure que je n^entends rien.
ALEXANDRINS
Mon cher linval , laissez-moi faire , Gimptez' sur moi , tout ira bien.
LINVAL.
Mais vraiment c^est une folie.
ALEXAl^DRINE.
Non , ce n^est point une folie.
Si Linval me garde sa foi , SHl aime toujours son amie , Il n^est point de danger pour moi.
tïNVAL.
Cette femme.»., que dirart--elle ?
Elle nte Terra sans comToax.
Mon efod^'^.^
Appromrera non zèle El non attachroieirt pour toos.
A ce projet , à ce Mirstêre , Mo« c^cr Liaral , laisw»'Bi«i &ire , Je jure qveje ■'entends ricm, CrnspCcx mt soi , tovt n bic».
de grâce daignez m'entendre :
11 n^est plus temps de pbisanler.
Mon oDck id ti tous sorpvcadre^
A fan je Tais me présenter.
IXECVAL.
Mais Ynôment , cVst one fofie ; y oos me £aûtes trembler pour toos^
Soyez fidèle k TOtre amie ,
U n^esl point de danger pour noa&,
LINVAL.
Fuyez , Ibyez , je toos ton jore , Eloignez-Yoas poor nn moment !.
Je reste ici ^ tout me rassure , Si je sois près de mon amant«
LA FLEUR entre.
Monsieur votre oncle arrive avec cette dame» îb descendent de voiture. (Ils fort.)
ENSEMBLE
LINVAL. AJ.EXAI7DRIKE.
Payes y fayez , je vous conjare , Ke crûgoez rieû , tout me rassare.
YoD5 me faitei trembler pour ?oas. Le tendre amour veille sar nous.
(Elle sort.) UNVAL. ^
Ciel! elle entre dans sa chambre.... Si mon oncle.... Âh! quelle imprudence! Comment faire? on va la voir, je suis perdu. Si nous fermions la porte... Ciel! les voici.