‹ Œuvres de F.-B. Hoffmann (volume 2)Chapitre 46 sur 269 · SCÈNE III. ^ ALEXANDRINE, LINVAL · texte numérisé non relu

SCÈNE III. ^ ALEXANDRINE, LINVAL

Ma chère Alexandrii^e , nous sommes exposés au

plus grand danger. Yous me voyez dans la plus vive

inquiétude.

ALEXANDRINE

Qu'avez-vous , Linval? quel danger peut me menacer enccH'e? ne m'aimez-vous plus?

LINVAL.

Ah! je t'aime plus igpie jamais, et Cependant il faut nous séparer.

GÔMÉBIÊ. G^

ALEXANDRINE

Nous séparer? et c'est vous qtii le dites! vous accourez pour me le dire?

LINVAL.

Écoutez-moi, de grâce! ne me condamnez pas sans m'entendre.

ALEXANDRINE

Si je vous écoute , vous aurez raison.

LINVAL.

IVfon oncle doit bientôt arriver ici.

ALEXANDRINE

Votre oncle?

LINVAL.

Hélas ! oui. J'ai cru qu'il resterait plus long-temps à la campagne, voilà pourquoi j'ai osé vous loger ici: mais j'apprends qu'il va revenir, et s'il voustrouvait dans sa maison , nous serions perdus.

ALEXANDRINE

Vous n'avez pas toujom's été si prudent et si timide.

' LINVAL.

Âh ! vous ne savez pas ce qui le ramène.

ALEXANDRINE

Parlez.

LINVAL.

Il veut me marier, et il conduit avec lui l'épouse qu'il me destine.

ALEXANDRINE

Vous marier! Ah ! je reste. Je m'attache à vous, je ne vous quitte plus. Vous marier ! j'espère que ce ne sera qu'après ma mort. ^

LINVAL.

Chère amie , calme-toi. Tu sais bien que je ne puis

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l'abandonner; mais an moins conjurons Forage. Je t^ai déjà dit cent fois que je n'ai point de fortone ; toot ce que je possède, je le tiens de mon oncle. Il m'aime comme un fils , il me destine tout son bien ; mais en échsuDge , il veut que je lui obéisse , il veut que j'accepte pour épouse la fille d'un de ses amis. En le brusquant , je perds tout, et je te rends malheureuse, laisse-moi le temps de lui faire changer de résolution; éloigne -toi de cette maison qui est la sienne y et où tu ne pourrais te cacher à ses jeux. Notie séparation ne sera pas longue, et linval mourra plutôt que d'être infidèle.

ÂLtEX^NDRINE.

Je reste.

LINVÀL.

Voq^ restez? Et que deviendrons -nous si mon oncle vous voit ici?

ÂLËXANDRINE.

Fiez-vous à moi , j'ai lui moyen de parer à tout.

LINVAL. •

Quel moyen ?

ALI^IiCDRINE.

Une ruse que j'avais imaginée poijc autre chose ^ mais qui me servira admirablement aujourd'hui.

LINYAL.

Mais mon oncle!....

AL£XANDBJN£.

Vôtre oncle me verra.

Que dira-t-il?

ALfiXANDRINE.

Il me dira que je j^tiisfort aimable.

€OM£DI£. yi

LINVAL.

Ma chère Alexandrine, vous ne connaissez pas mon oncle ^ quand il a une chose en tête

ALEXANDRINS

Laissez-moi faire, vous dis^je^ je resterai près de vous.

UNVAL.

Et cette femme qui va venir ici?

ALEXANDRINS

Cette feiûme me verra.

LINVAL.

Mais , y pensez-vous? ^

ALEX^ïDRINE.

J'ai pensé à tout ^ je vous le répète , j'ai un moyen sûr de pouvoir rester près de vous sans effaroucher

personne.

LIÏïVAL.

A ce projet , à ce mystère , Je jure que je n^entends rien.

ALEXANDRINS

Mon cher linval , laissez-moi faire , Gimptez' sur moi , tout ira bien.

LINVAL.

Mais vraiment c^est une folie.

ALEXAl^DRINE.

Non , ce n^est point une folie.

Si Linval me garde sa foi , SHl aime toujours son amie , Il n^est point de danger pour moi.

tïNVAL.

Cette femme.»., que dirart--elle ?

Elle nte Terra sans comToax.

Mon efod^'^.^

Appromrera non zèle El non attachroieirt pour toos.

A ce projet , à ce Mirstêre , Mo« c^cr Liaral , laisw»'Bi«i &ire , Je jure qveje ■'entends ricm, CrnspCcx mt soi , tovt n bic».

de grâce daignez m'entendre :

11 n^est plus temps de pbisanler.

Mon oDck id ti tous sorpvcadre^

A fan je Tais me présenter.

IXECVAL.

Mais Ynôment , cVst one fofie ; y oos me £aûtes trembler pour toos^

Soyez fidèle k TOtre amie ,

U n^esl point de danger pour noa&,

LINVAL.

Fuyez , Ibyez , je toos ton jore , Eloignez-Yoas poor nn moment !.

Je reste ici ^ tout me rassure , Si je sois près de mon amant«

LA FLEUR entre.

Monsieur votre oncle arrive avec cette dame» îb descendent de voiture. (Ils fort.)

ENSEMBLE

LINVAL. AJ.EXAI7DRIKE.

Payes y fayez , je vous conjare , Ke crûgoez rieû , tout me rassare.

YoD5 me faitei trembler pour ?oas. Le tendre amour veille sar nous.

(Elle sort.) UNVAL. ^

Ciel! elle entre dans sa chambre.... Si mon oncle.... Âh! quelle imprudence! Comment faire? on va la voir, je suis perdu. Si nous fermions la porte... Ciel! les voici.

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