SCÈNE XIIL THOMAS, ANGÉLIQUE
ANGÉLIQUE
M. Dupuis est-il chez lui? -
THOMAS
Non , mademoiselle; mais voiii vo^ez son serviteur et le vôtre.
ANGÉLIQUE
Je suis bien fâchée de ne pouvoir lui parier.
THOMAS
Je crois que moB maître en sera plus fâché que
vous.
ANGÉLIQUE
C'est pour uHe affaire de la plus grande importance.
THOMAS
Si vous voulez parler à madame ? cela vous serait-il
égal?
ANGÉLIQUE
Oh! non : c^est à monsieur.
THOMAS
G'esl à monsieur? et ce n'est pas à madame? Ah! j'entends.
ANGÉLIQUE
Rentrera-t-il bientôt ?
THOMAS
Je ne sais , mademoiselle ; mais si vous vouliez l'attendre, ma maîtresse viendrait vous tenir compagnie.
3 ANGÉLIQUE
Non : je vous remercie.
THOMAS
Ah ! j'entends,
ANGÉLIQUE
A quelle heure trouve-t-on votre maître?
THOMAS
Madame pourra vous dire cela mieux que moi.
ANGÉLIQUE-
Ah! cela est inutile; je n'ai pas l'honneur de con-
'naître madame.
THOMAS
Ah! j'entends. Mais si vous vouliez dire votre nom ,
votre adresse , monsieur vous rendrait sa visite.
ANGELIQUE
Je ne veux pas lui donner tette peine.
THOMAS
Mademoiselle veut bien appeler cela une peine. Mais votre nom?
ANGÉLIQUE
Cela n'est pas nécessaire , je....
THOMAS
Âh! j^entends, monsieur connaîtra mademoiselle sans que je lui dise son nom.
ANGÉLIQUE
Mais , je ne me trompe pas , je suis chez M. Dupuis?
THOMAS
Non^ mademoiselle, vous ne vous trompez pas; mais souffrez que j'avertisse madame.
ANGÉLIQUE
Non, non , ce n'est pas la peine....
Ah ! c'est vrai , vous me l'avez déjà dit.
ANGÉLIQUE
Puisque je ne puis parler à monsieur, je vous prie de lui remettre ce paquet : n'y manquez pas.
THOMAS
C'est comme s'il le tenait. C'est à monsieur ?
ANGÉLIQUE
Mais oui , il est à son adresse.
THOMAS
C'est tout ce qu'il y a pour, votre service?
ANGÉLIQUE
Oui. Je vous souhaite le bonjour.
COM£i)i£; ' 129
THOMAS
Ëohjour, mademoiselle! Prenez garde! il commence à faire sombre. {Il ta conduit) . {Falère sort de sa cachette, et s'açàncc açfee crainte.)