SCÈNE XV
THOMAS j riant aux éclats ^ tenant une Bougie atllumée , et contrefaisant sa Toix^ suivant, chaque interlocntion.
Ah! ah! ah! ah! C'est à monsieur, ce n'est pas à madame. Votre adresse? Cela est inutile. Votre nom? Cela n'est pas nécessaii*e. Et moi qui lui disais toujours : J'entends; et elle qui ne m'entendait pas? Ah! ah! ah ! ils me prennent tous pour une béte , mais je ne m'en fiâche pas , et j'y trouve mon compte.
(Il pose la bougie sur la table.)
COUJRLETS,
Un ancien proverbe nous dit :
Bienheureux les pauvres d'esprit !
On peut être heureux , quoique béte ; Le bonheur n'est pas dans la tête :
Maïs , pourtant , je fais plus de cas Des bétes qui ne le sont pas.
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l3o * LE SECREt,
11 est très-utîle , en effet, De ne pas montrer ce qa^em est* 11 en est de même des femnftes :
La simplesse règne en leurs âmes ; Mais on trouve , dans plus d^un cas , Des simples qui ne le sont pas.
Par exemple , ce qae je dis , Très-souvent arrive aux maris.
On courtise fille bien sage ; Vite j on presse le mariage , On épouse ; et Ton trouve , hélas !
Demoiselle N'achevons pas.
Maintenant^ examinons ce que nous ferons de ce paquet. (// s'assied près de la table,) Madame m'a ordonné de saisir tout ce qui viendrait à Tadresse de monsieur. Or donc , je saisis. En outre , comme je suis de moitié dans la ruse , je puis être dcT moitié dans la lecture. Je vais donc , sans scrupule , décacheter le paquet , c^est une peine que j'évite & madame.
(J7 le décacheté.)
YÂLÈRE.
Le coquin !
THOMAS
Hein! j'ai cru qu'on m'appelait. Ce n*est rien. lisons donc la missive. Ah! ah! un portrait! c'est celui de la dame qui voulait parler à monsieur. {Il pose k portrait sur la table.) Lisons.
« Depuis le malheur qui vous est arrivé. ...» Le malheur ! « de vous battre avec votre rival » Diable ! « je me suis enfuie de chez mes parens. » Ah! ah* elle a Fair bien naodéste ^ pour une coureuse d'aventures.
Maraut!
[Falèref qui s'est avancé derrière lui y prend h portrait d'une main, la lettre de Vautre, souffle la IfQU^^ renverse Thomas, et rentre dftns sa cachette.)
Aïe 1 aïei aïe l Au 3ecows ! au, s^W^ \ )Ç sui« mo^t l Aïe ! aïe ! aïe ! Au meurtre ! Qui que vous soyez , ayez pitié de moi! J'ai tort, j'ai tort, je m' ça re{^en$ du plus profond de mon âme !