XCVIII. - 21 JUILLET
XCVKL
LALOUVÈRE A FERMAT (').
21 jcii.LET 1638.
Ainplissiino Domino de Fermât in Siiprenia Caria Tolosana Se lia to ri inlegerrimo.
Decem iiimc dies sunt (Senator integerrime) cùm priinîiin legi à Te
milii oblatam nobilissimi et doctissimi Anonymi typis editam Epis-
tolam, qute à prœstantissimis toto Orbe Geometris postulat solutionem
quarundain propositioniun circa cycloidern ejusque centra gravilatis.
Ego licet, mese tenuitatis mihi probe conscius, noriiii quàm longo
post magiios ilios viros intervallo in Geometrarum qualiumcumque
numéro locuin teneam; quia tamen quid de qusesitis illis in nientem
mihi veniret promere à Te tune jussus sum, malui temeritatis quàm
obsequii Tibi non prompti prœstituti nomine accusari. En igitur quas
circa problcmata ejusmodi meditatus sum viginti omnino proposi-
tiones. Tu quem omnes Europse Mathematici merilb suspiciunt, si
quid perperam scriptuni sit, aut si quid scriptis dcsit, emenda vel
supple, modo lamen judiciorum pnblicorum occupationes quibus
longe utilius distineris, id patiantur. Hàc emendatione vcl etiam sup-
plemcnto fidens noster liic libellus prodibit iu vulgus intrépide, qua-
propter Te hujus spei plenus adit, ab co nempe missus qui pluribus
nominibus jamdiu Tibi est
Addictus ex animo servus
Antoxius Lalouek\ Societatis Jesu.
Tolosaiio in Collegio XII Kal. Aiig. i658.
(') Dédicace de l'opuscule : De Cjcloide Galilœi et Torriccllii Propositiories viginti AiUore Antonio Laluuera SocieUitis Jesu, imprime à Toulouse on i658 (rarissime, dont un exemplaire est conservé Bibl. nal., Imprimés, Kcserve V, 835 A). — Reproduite en tête du premier liv're de l'Ouvrage ; Fctcruin Geometria promola in septem de Cfcloidc libros, ])ublié par Lalouvère en i66o.
CLERSELIER A FER\IAT.
MEIlCllEDl '21 AOUT 16.Ï8.
(D. m, .'19. Bilil. X:U. fr. J280. uouv. acq., f»' flti-jn.)
Monsieur,
1. ,To me trouvo aujourd'hui plus empêché à répondre (juc je n'étois la (h'rnière fois : aussi avez-vous change de condition et, déjuge que vous étiez, vous êtes devenu partie. Quand je n'avois qu'à défendre devant vous la cause de M. Descartes contre votre sceptique, je ne me promettois pas un succès moins favorable que celui que j'ai eu : j'avois une bonne cause à défendre, des subtilités à éclaircir, et un juge clairvoyant pour ni'entendre et prononcer. Mais, quand je vous considère descendu de votre siège pour vous porter vous-même partie contre celui que je défends, le respect que je vous dois en quelque état que vous paroissiez, la grande estime que j'ai toujours conçue de vous et qui s'augmente en moi à mesure que vous vous faites davantage connoitre, et le peu d'usage que j'ai dans la matière que nous agitons à comparaison de celui que vous vous y êtes acquis, tout cela m'étonne et fait que je ne sais encore quelle issue me promettre de tout ce démêlé.
.Te vous dirai pourtant d'abord que, si je voulois agir avec moins de franchise que ne m'oblige l'honnête procédé que vous gardez avec moi, je pourrois user d'une exception qui paroitroit peut-être légitime et recevable, en vous accordant tout ce que vous dites et prétendant que tout cela ne fait rien contre M. Descartes et ne combat en aucune façon sa doctrine de la réflexion et des réfractions.
Car je veux que la balle de la figure de la page 19 de la Dioptrique, selon la supposition que vous faites dans votre premii're lettre ('), se
(') f'dir LcllTH \C,\ . p. 401.