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aujourd'hui d'autant plus volontiers qu'outre que par cette soumission je vous ferai connoitre l'ingénuité de mon procédé, cela me donnera aussi occasion de vous dire quelque chose que je fus obligé de répliquer à quelques objections qui me furent faites par quelques-uns de l'Assemblée, afin de rendre la pensée de M. Descartes, touchant la réfraction, plus claire par un exemple familier et qui est tout-à-fail propre au sujet.
Si je n'avois point été si impatient que de vous envoyer une chose qui étoit prête il y avoit plus de quinze jours et que rengagement que j'avois m*avoit obligé de faire voir dès-lors à M. de la Chambre. j*aurois évité le reproche de la Compagnie et ne serois pas tombé dans rette faute. Mais j'eus peur qu'il me fallût encore différer plus longtemps d'en parler à l'Assemblée, qui avoit déjà remis par deux fois la lecture que je lui en voulois faire, pource qu'elle vouloit aussi avoir iMi même temps les sentimens de M. Petit, qui lui avoit fait connoitre, dès la première fois que votre lettre parut devant elle, qu'il avoit plusieurs choses à dire et contre ce que vous écrivez à M. di* la Chambre et contre «re que M. Descartes a écrit.
Pour moi, qui ne m*étois pas trouvé à l'Assemblée quand votn* lettre y fut lue la première fois, et qui me dispensois alors soiivi-nl de m'y trouver, à cause de quelques affaires plus importante^ qui» la détention dr M. de la Haye, mon gendre, me donnoit pour poursuivra à la cour sa liberté, je ne l'eus pas plus tôt vue que je i-rii'* Hrr obligé d'y faire réponse, i:omme étant une suite des petits déni»*'lé> que nous avions déjà eus autrefois ensemble sur la même matièn-, r\ parce aussi que vous me faites l'honneur do me nommer par troi^ fois dans votre lettre et de sembler m'v i-onvier.
J'avois donc préparé ma réponse le plus tôt que j'avoi:^ pu. rf pmsois la faire voir à la Compagnie, mais elle ne le jugea pa> a prt»po<«. pour ne point prévenir M. Prtit clans la repartie qu'il avoit prorni'* d»» vous faire. Mais, irraignant que cela n'allât trop en longu<»ur, ]»• iin' ré>olus de moi-même samerli dernier dr vous l'envoyer avant iju«- «le l'avoir fait voir à la (iompagnre. de qui j'ai rem b»:^ avis trop tanl pour
FUMAT. - II. *>•'
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m'empêcher de tomber dans cette faute, mais non pas pour vous en faire mes excuses et vous en demander le pardon.
Et pour le mériter en quelque façon, souffrez que je m'explique un peu plus au long que je ne fis la dernière fois, pour vous faire comprendre ce que je pense de la pensée qu'a eue M. Descartes touchant la réfraction.
2. II est certain qu'à considérer tout seul le rayon AB, en tant qu'il est dans l'air, il ne va ni à gauche ni à droite, ni en haut ni en bas, mais toute sa tendance est d'aller vers D et n'a qu'une seule direction. Mais sitôt qu'on lui oppose un autre milieu, par exemple CBE, dans lequel il soit obligé de passer, on peut dire et il est vrai qu'à l'égard de ce milieu il a diverses tendances. Car si on le lui oppose directement, sa chute est perpendiculaire et n'a qu'une direction à son égard : mais si on le lui oppose de biais, comme il est dans la page 17 de la Dioptrique (y?^. 102), alors ce rayon à son égard a une double direction :
Fig. lO'Tt.
Tune qui le fait tendre vers lui, qui est de haut en bas; et l'autre qui le porte de gauche à droite, à laquelle ce milieu n'est point du tout opposé. Kt si on le lui opposoit d'une autre façon, la même direction, qui maintenant est de gauche à droite, pourroit être celle qui le porteroit vers lui, et Tautre, celle à laquelle ce milieu ne seroit point opposé. Kt selon que ce milieu est plus ou moins incliné à ce rayon, les deux tendances ou directions qu'il a à son égard sont diverses et peuvent avoir Tune à l'égard de Tantre diverses proportions.