CXIV. - 13 MAI 1662. i
du mouvomont qui porte le mobile en ba» trouve plus de facilité on moins de résistance à son action, quand il est hors de dessus la planche et dans l'air, qu'elle n'avoit quand il étoit sur la planche; et que <ellr qui le porte vers la muraille demeure la même (bien que ce soit encore la même force totale qui pousse en ce point-là le mobile, et qu(» la forc(» des deux parties de son mouvement prises séparément soit la même), néanmoins, pource que la proportion qui étoit auparavant entre la facilité ou la résistance que présentoit le milieu à ces deux forces est changée, et que dans ce point de sortie il trouve plus de facilité pour descendre qu'auparavant, sans qu'il en trouve ni plus ni moins pour aller vers la muraille, pour cela il arrive qu'il ne suit plus la direction de la ligne qu'il avoit parcourue sur la planche, mais qu'il en prend une autre, laquelle est proportionnée au plus de facilité qui se trouve» alors en l'une de ses forces plus qu'en l'autre, (a* qui fait que le mobile, en quittant la planche, s'approche de la perpendiculaire, comme fait aussi la lumière en entrant dans l'eau, pour la même raison.
Et c'est à mon sens une des choses des plus aisées à concevoir <|u'il est possible, et c'est aussi à mon avis tout ce qu'a voulu dire M. Descartes au sujet de la réfraction. Je ne prétends pas néanmoins pour cela vous avoir p(»rsuadé : il suffît que je me sois donné a entendre, afin que vous ne croyiez pas que je suive aveuglément M. Descarfes ou que je vous contredise de gaieté de cœur. Je vous ressemble en re point que je n'aime et ne cherche que la vérité, et cette conformité qiw j'ai avec vous me fait espérer que vous ne me désavouerez pas, quand je m'avouerai partout, etc.
/^ S. Pour édaircir davantage cette matière, j'apporterai encore iri un exemple qui résout à mon avis la plupart des difficultés que l'on peut faire sur ce qu'a dit M. Descartes touchant la réfraction dans sa Dioptrique.
Il est constant par l'expérience que, de quelque façon que la boule A soit poussée au point B par les boules C, D, E, F, G, et quelles qm»
soient les différentes déterminations dont on peut supposer que celle de leur route soit composée, elles la pousseront toujours vers H i/ig. io3).
Premièrement, pour la boule E, il est clair qu'elle la doit pousser vers H, puisque la boule A s*oppose totalement à sa détermination ; mais ce qui est clair pour la boule E doit pareillement être entendu des autres, qui, bien qu'elles viennent de biais vers la boule A, ne la
louchent au point B et ne la poussent qu'en tant qu'elles descendent vers H, et non point en tant qu'elles vont vers 1 (ou vers K). C'est pourquoi elles ne sauroient imprimer d'autre mouvement a cette boule, sinon de la faire aller vers H. Or, quoique les déterminations des boules D et F soient opposées, en tant que l'une va a droite et l'aiilre à gauche, elles ne le sont point en tant qu'elles descendent et ainsi elles doivent produire sur la boule A un même effet, qui est de la pousser vers H.
Mais, si nous supposons que la boule A soit dure et immobile, toutes