SEPTEMBRE
Mon Révérend Père,
1. Vous me demandez mon jugement sur le Traité de Dioplrique de M. Descartes ( ' ); il est vrai que le peu de temps que ^f. de Beaugrand
( • ) Lo premier Voliuiie publié par Dcscarles : — Discours \ de la Méthode \ pour hicu conduire sa raison, et chercher \ la vérité dans les sciences. \ Plus \ la Dioplrique \ les Météores \ et \ la (ieomctrie \ qui sont des essais de cette Méthode. — à Leydc \ De l'Imprimerie de lan Maire \ VXd .Yd .{\WW\\. Juec Priuilegc. - - ne parvint on France et ne fut distribué (par Mersenne) que vers la fin de 1637. ^tais, avant l'achèvement de l'impression et à l'appui de la demande du privilèj^o, qui fut accordé le 4 "lai» Descaries avait envoyé un exemplaire au Minime, qui le connnuniqua juir parties à dllférentes personnes, ('/est ainsi «pril prit l'avis de Fermât sur la Dioptrique, i\m parait cependant avoir
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m'a donne pour le parcourir semble mr* dispenser (l(* rol)li((alion île vous satisfaire exactement et par le menu, outr<» que, la maliere /•(ani de soi très subtile et très épineuse, je n'os<» pas espérer (|ue den pensées informes et non encore bien digérées puissent vous donner une jçrande satisfaction. Mais d'ailleurs, quand je considère que la reeherclii» de la vérité est toujours louable, et que nous trouvons souvenf ii f/ifonn et parmi les ténèbres ce que nous cherchons, j'ai cru que vous ne trouveriez pas mauvais que je tâchasse h vous débrouiller iitw mienne imagination sur ce sujet, laquelle, étant encore obncure et embarran- >ée, j'éclaircirai peut-être davantage une autre fois, si men fondemerm >ont approuvés, ou si je ne change pas moi-même d'avin.
2. La connoissance des réfraction?» a toujour-» été rerbercbée, main inutilement. Alhasen et Vit^dlion ' ' » v ont travaillé san^ avanc/T beau- ••oup: et ceux qui >ont venu> d^pui^» ont in-^ bi^-n ri'tuHnyu', que foui ^ ré«luisoit à établir un^» c^Tlain^ [}rh\}hri'ufU^ \9'^rU' inosfu de laqu^-lb-^ une- rrfnii»:tion étant connue, on pût hW'ïwuV trons^'t touf^-i le* untr^-^: •]»• ^'ffl^T que t^^U'» l»'> tondem^-n-» fU- la Oioptriqu'- doivent con*.i4f/-r f-u •■•• p«>Ént. »?V>i-ii-^Jir*^- f-n b •:ortv^ri;jfi«:<' f-lkn rapport qii'iine r^-truHihft •••■nnr;«f a -k tou'^- 1*^* aiitr-—.
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Maurolic, abbé de Messine, en son Traité posthume De lumine et umhra (*)» a soutenu que les angles qu'on appelle d'incidence sont proportionaux à ceux qu'on nomme de réfraction. Si cette proposition étoit vraie, elle suffiroit pour nous marquer les vraies figures que doivent avoir les corps diaphanes qui produisent tant de merveilles ; mais, pour ce qu'elle n'a pas été bien démontrée par Maurolic, et que l'expérience même semble la convaincre de faux, il en est resté assez à M. Descartes pour exercer son esprit, et pour nous découvrir de nouvelles lumières dans ces corps, qui, pour en être seuls capables, n'ont pas laissé de produire jusques a présent de grandes obscurités.
Son Traité de la Dioptrique est divisé en plusieurs discours, desquels les principaux sont, ce me semble, les deux premiers, qui parlent de la lumière et de la réfraction, pource qu'ils contiennent les fondemens de la Science, dont on voit ensuite les belles conclusions et conséquences qu'il en tire.
3. Voici à peu près son raisonnement (^) : La lumière n'fest autre chose que l'inclination que les corps lumineux ont à se mouvoir; or, cette inclination au mouvement doit probablement suivre les mêmes lois que le mouvement même; et partant, nous pouvons régler les <»tt'ets de la lumière par la connoissance que nous pouvons avoir de ceux du mouvement.
Il considère ensuite le mouvement d'une balle dans la réflexion et dans la réfraction, et pour ce qu'il seroit inutile et ennuyeux de copier ici tout son discours, je me contenterai de vous marquer simplement les observations (jue j'y ai faites.
4. Je doute premièrement, et avec raison, ce me semble, si l'inclination au mouvement doit suivre les lois du mouvement même, puis-
( ») Abbalis Francisci Maurolyci Mcssanensis. Photismi de lumine. et umbra ad perspeclivam, et radiorum incidonliam faciontes. — Diaphanorum parles, seu Libri 1res : in qaornm primo de porspicuis corporibus, in secundo de Iride, in tertio de organi visualis structura, et conspiciiiorum formis agitur. — Problemata ad pers|>cctivam, et Iridem pertinentia. — Omnia nunc primum in lucem édita. — Neapoli, ex Typographia Tarquinii Longi. M.DC.XL Superiorum permissu.
(») Page 8 de l'édition originale du Traité de Descartes.