‹ OEuvres de FermatChapitre 164 sur 228 · AU TRÈS ILLUSTRE I-T TRÈS NORLK · texte numérisé non relu

AU TRÈS ILLUSTRE I-T TRÈS NORLK

SIR KENELM DIGBY,

CIlEVALIKIl KN ANGLIvTEIUlK.

Très illustre f.t très nodle chevalier,

Chaque fois qu'à part moi je repense aux multiples olilij;ations que je vous ai, je désespère cnlièremenl d'égaler mes litres à vos faveurs; il ne me reste pas mt-me à compter pouvoir, pour de tels bienfaits, acquitter ma dette de remcrcîments. J'oserais plutôt me croire capable de triompher de toute autre difficulté, que de celle de vous témoigner une reconnaissance digne de vous ou égale à mon devoir. En tout cas, je dois considérer comme im honneur' insigne, inappréciable, que votre faveiu' ail daigné venir me chercher sans (|ue j'aie eu à l'implorer et quand j'étais loin d'y prétendre; mais bien plus, vous m'avez de vous-même recommandé, moi et mes travaux, à d'autres personnages de premier ordre; el pour mes inlérêls vous avez montré autant de soliiciliule, pour ma renommée, déployé autant de zèle, (pie s'il se lut agi de vous-même.

Ainsi donc cela est de vous, cela vous est entièrement imputable, (|ue j'aie été appelé à corres|)ondre avec vous el en même temps avec ces autres personnages illustres; que vous ayez obtenu d'elles à mon endroit de tels éloges, qu'ils dépassent tout ce que je pouvais, je ne dis pas me promettre, mais es|)érer d'elles; qu'il me sera impossible de me les arroger, sans enfreindre les règles de la modestie. Si en elTct, pour nous conformer à vos désirs, nous avons, le très honorable V^icouite Drouncker et moi, abordé quelques problèmes, tant d'Arithmétique que de (îéométrie, proposés par les célèbres Fermai el Erenicle (f|ue la France, ainsi que vous le dites, estime les premiers en ces sujets); si nous en avons donné la solution, nous ne prétendons jioint pour cela, je dirai mieux : nous n'avons jamais espéré ni nous faire

KtllSHT. — Il 1. '1

U»i ŒLVRES DE FERMAT.

li;iitcr (l'ifei'ciiles ou de Samsoris, ni vous voir mettre au rang des premiers maîtres lie ce siècle ('), éloges par lesquels des hommes aussi supérieurs f|ue nos corresjjondanls ont su nous faire rougir. Je parle pour moi du moins; car je ne voudrais eu rien rabaisser les litres du très noble et très savant Vicomte.

Mais de telles iiersoniies ont droit, elles aussi, à des remercimenis que je NOUS prie de leur adresser en mon nom, pour avoir daigné in'lionorcr de leur commerce et me traiter avec tant de bienveillance; car il ne faut nullcmcnl tenir compte de quelques expressions, parfois un j)eu sévères, échappées dans le cours des discussions, .le voudrais les |)rier à niori tour de vouloir bien excuser ce ([ue nous avons pu, le très honorable Vicomte et moi, éciire «le notre côlé un peu iio|) libremeiil; si, de même, nous avons manqué à leur accorder tous les titres au\(]ucls a droit leur rang, c'est que j'ignore les usages et les dignités de leur pays; j'aurai, bien contre mon gré, commis iHie faute à l'égai'd de personnes aussi illustres et aussi émitientes.

J)e vous enfin, très illustre Chevalier, de vous que, rendu toujours plus audacieu-x par voire faveur même, nous avons lanl de fois fatigué, c'est de l'indulgence que je réclame, non pas un éloge. Ne dédaignez pas, je vous en prie, d'accepter l'offre que je vous fais de ce qui vous appailieni, car presque Ion! en a élé écrit par vous ou à vous.

Mais vous avez, nous h; proclamons, également droit à la reconnaissance publiipie pour avoir, celte fois comme ailleurs, défendu avec aillant d'ar- «leur la nation anglaise, montré autant de souci pour sa gloire; à |)art du moins cette erreur pardonnable d'avoir api>elé, pour lutter contre de pareils athlètes, un champion aussi chélif, aussi |)cu exercé que moi. (Jar si, en cette alVaire, je ne m'en suis pas tiré trop malheureusemenl, je ne \oudrais pas qu'on jugeât des forces des Anglais sur rèchantillon de ma faiblesse.

Adieu, très insigne Seigneur, puissiez-vous rester longtemps encore l'actif promoteur des belles-lellres et l'ornemeiil de la nation anglaisi".

(M Expressions de l'reiiiclc. — l'oir ci-après les Lcllrcs il, 42 cl 13.

COllUESPONDANCE

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