ACTE II, SCÈNE VI
LA MARQUISE
Est-ce vous qui parlez, mon fils? Est-ce bien tous qui osez. . t ?
LE MARQUIS
Oui, ma mère, j'ose vous dire que vos richesses ne sont rien , et que je les abhorre si elles donnent le droit d'être ingrat.
LA MARQUISE
Je t'entends : le voilà ee mystère que je craignais de découvrir. Que vous étiez bien né pour l'état vil d'où ma tendresse vous a tiré ! vous en avez toute la bassesse. Vous aimez Colette , j'en suis sûre ; vous rougissez de me le dire : mais. ..
LE MARQUIS
Non , ma mère , non , je n'en rougis pas. J'aime Colette ; je fais gloire de l'avouer; mon amour pour elle est presque aussi ancien dans mon cœur que ma tendresse pour vous. C'est en vain que j'ai voulu l'éteindre; grâce au ciel , le peu de vertu qui me reste l'a emporté sur mon orgueil. J'ai promis à Colette de l'épouser , je tiendrai ma parole ; mon honneur , ma félicité en dépendent : je préfère Colette pauvre , simple et honnête , à toutes vos femmes dont la richesse est la seule qualité.
LAMARQUISE.
Où en sommes-nous , grand Dieu ? Vous l'époux de Colette ! Vous. . . .
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