‹ Œuvres de FlorianChapitre 11 sur 285 · SCÈNE Vt 4i · texte numérisé non relu

SCÈNE Vt 4i

donné elle-même ce billet, en me disant que c'était moi qu elle voulait épouser.

ARLEQUIN

Mais ce billet est à moi ; je le reconnais bien : il est presque tout effacé , tant nous nous étions embrassés. Comment Argentine a-t-elle pu l'avoir? Elle m*a fait entendre que j'aimais Violette, moi qui n'ai jamais rien aimé dans le monde qu'Argentine ? Suis-je assez malheureux! Ah! je le disais bien ce matin, que j etais trop heureux ; cela ne pouvait pas durer. Tu vas donc l'épouser, toi?

SCAPIN

Mais oui ^puisqu'elle le veut.

ARLEQUIN

Tiens , je te conseille de t'en aller ; car je pourrais fort bien te rosser de manière à retarder ton mariage. Tout ceci n'est peut-être qu'une friponnerie de ta part : je l'avais dans ma poche , ce billet : et tu me l'auras volé.

SCAPIN

Ah ! mon ami ,' que tu me connais mal ! Tu avais dans la même poche un billet de loterie qui vaut dix mille écus j assurément, si j'avais pu te vcler, tu sens bien que je l'aurais pria de préférence.

Aille qui h.

Plût à Dieu qu'on me l'eût pris , et qu'on

4a LES DEUX BILLETS,

m'eût laissé ma lettre I Que deviendrai -je à présent ? Elle ne m'aime plus , elle va en épouser un autre. (Il pleure.) Ah! Ah! je vais être tout seul dans le monde. Allons , il faut tâcher de mourir avant que le mariage soit fait*. ( II pleure. )

SCAFIH.

« Tu me fais pitié , mon ami ; et mon attachement pour toi l'emporté sur mon amour.

Écoute : Argentine a promis d'épouser celui qui lui rapporterait son billet : je l'ai, ce billet ; je te le donnerai , si tu veux me donner celui de la loterie.

A II I E Q Î7 Itf.

Donne, doniae vite ; tiens , le voilà : de ma vie je n'ai fait une si bonne affaire.

SCAPIK.

Ni moi non plus.

( Ils changent de billet. ) arlequi's, s' adressant à celui d'Argentine.

Ah ! vous voilà donc, monsieur I et pourquoi m'avez-vous quitté ? Petit ingrat , petit étourdi, parlez, irez -vous encore courir le monde ? Irez- vous encore vous mettre prisonnier chez les Arabes afin que je paie votre rançon ? Ne vous en avisez plus , car je n'ai plus rien. Allons je veux bien vous pardonner

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