SCÈNE VIII
LE MARQUIS, COLIN, un papier à la main.
COLIS
Vous ne comptiez plus me revoir; rassurez-vous, c'est la dernière fois. Je ne viens point troubler les apprêts de votre mariage, je ne viens point vous reprocher votre fortune et votre bonheur. J'ai voulu rendre moi-même cette promesse que ma sœur eut la faiblesse d'accepter; j'ai voulu briser de ma>main tous les liens qui nous attachaient l'un à l'autre; vous êtes libre, et vous serez heureux; je vous estime assez peu pour en être sûr. le marquis, à pari.
Quel langage! et je l'ai mérité '
COLIN
Vous craignez de rougir en reprenant ce papier ? Vous n'avez pourtant pas rougi lorsqu'avec un air de franchise et de tendresse , ici, à cette même place, vous nous demandiez
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ACTE III, SCÈNE VIIL 201 pardon ; vous parliez à ma sœur de mariage et d'amour, tandis que vous aviez tout conclu pour en épouser une autre demain. Allez, l'homme capable d'une ruse aussi indigne doit tirer vanité de n'être ému de rien ; osez me regarder j c'est à moi de rougir.
le marquis, après une pause.
Oui , vous avez raison. J'ai pu vous cacher un mariage.... qui ne se serait pas fait; il est juste que j'en sois puni. Rendez-moi cette promesse : (il ta prend) c'est le seul bien qui me reste : mais j'en suis indigne , il faut y renoncer. (Il la déchire.) Allez , abandonnez un malheureux qui ne mérite que votre mépris/ Mais hâtez-vous de l'abandonner : si vous saviez combien il est à plaindre , peut-être, , .
COLIN
Vous , à plaindre 1 Et tout succède à vos' vœux. Yous épousez , dit-on , une femme de qualité dont le crédit doit vous porter au comble des honneurs; vous jouissez d'une fortune immense ; votre mère vous idolâtre ; tout ce qui vous entoure n'est occupé que de vous plaire ; rien rie peut altérer tant de bonheur. Le seul souvenir d'un ami et d'une maîtresse que vous avez trompés pourrait vous importuner dans vos plaisirs ; mais vous n'entendrez jamais parler d'eux; et, dans la classe
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ao2 JEANNOT ET COLIN.
où vous allez monter, on oublie aisément les
malheureux qu'on a faits.
LE MÀRQU IS.
C'en est trop, Colin; respectez mon malheur : apprenez. . . .