‹ Œuvres de FlorianChapitre 119 sur 285 · SCÈNE I. 2i · texte numérisé non relu

SCÈNE I. 2i

Rim5E, très vivement.

Tu ne m'en as jamais parlé , scélérat ! tu ne m'en as jamais parlé? Te souvient-il des premiers temps que tu étais dans la maison ? Comme tu volais au-devant de ce qui pouvait me plaire! comme tu t'empressais de faire tout l'ouvrage que je devais partager! Tu ne m'abordais jamais qu'avec cet air doux et tendre que tu prends si bien quand tu veux , monstre; et tu n'appelles pas cela de l'amour! Dis plutôt que j'ai cessé de te plaire ; dis-moi qu'une autre , plus heureuse , m'a enlevé ton cœur. Mais ne te flatte pas que l'on m'ôtera impunément mon bien : non , traître ; non t perfide; je me vengerai, sois-en sûr; je punirai ton mépris : et puisque l'amour le plus tendre n'a fait de toi qu'un ingrat, je mériterai ton indifférence en m'occupant de te haïr comme je m'occupais de t'aimer.

Arlequin.

Si vous m 'écoutez toujours comme cela, jamais vous ne m'entendrez.

KÉRINE

Mais parle donc , défends-toi ; profite de ce moment de calme.

ARLEQUIH.

Vous savez bien , mademoiselle JNérine ,

2i4 LES JUMEAUX DE BERGAME.

qu'il y a six mois que j'entrai au service de vos maîtres.

NEBINE.

Après , après , après.

àhlequin.

En arrivant dans votre maison , je m'occupai de, gagner l'amitié de tout le monde ; vous fûtes avec moi plus polie que personne , je fus plus honnête avec vous. Petit à petit vôtre politesse est devenue de l'amour ; ce n'est pas ma faute : vous ne m'avez pas consulté ; car, si vous l'aviez fait , je vous aurais dit : Mademoiselle Nérine , je ne vaux, pas la peine d'être aimé de vous ; je suis retenu.

NÉRINE

Comment ! que veux-tu dire? Et tu crois....

ARLEQUIN

Continuons à causer paisiblement. Oui , mademoiselle , j'en aime une autre; je l'aimais avant de vous connaître : sans cela , peut-être auriez-vous eu la préférence. Vous voyez que je suis toujours poli; devenez raisonnable, mademoiselle Nérine. Que diable î je ne vous ai jamais fait de mal, moi ; pourquoi m'aimezvous?

né m ne, dans la dernière fureur.

Hé bien , puisque tu le veux , puisque tu le désires , tu peux compter sur la haine la plus

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