‹ Œuvres de FlorianChapitre 126 sur 285 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Souvent la vie est importune :

J'ai mon fardeau, chacun le sien :

Ma gaîté, voilà ma fortune ; Ma liberté , voilà mon bien.

D'un an de peine et de chagrin Un court plaisir me dédommage ; Quand je suis au bout du voyage , Je ne songe plus au chemin.

Du sort je crains peu l'inconstance ; Tantôt du mal , tantôt du bien ; Travail, repos , plaisir, souffrance; Je ne refuse jamais rien.

J'ai beau chanter, je ne peux pas oublier que je meurs de faim. Mais il faut que mon frère soit fou; il m'écrit à Bergame de venir le joindre à Paris, et il oublie de me donner, son adresse. J'ai déjà demandé à plus de cent personnes où demeure 'monsieur Arlequin , domestique; ils me répondent tous par des éclats de rire. On aime beaucoup à rire dans ce pays -ci. Oh ! je rirai aussi , moi , mais quand j'aurai diné. On a beau dire que l'on s'accoutume à tout, voilà plus de trois jour.» que j'ai faim, et je ne peux pas m'y accoutumer. Allons, du courage; peut-être ferai -je fortune ici; je montrerai l'italien, je sais jouer de la guitare, voilà de quoi se pousser dans le monde. D'ailleurs j'ai ouï dire qu'en France

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on préfère toujours quelqu'un de médiocre , quand il est étranger, à un homme de mérite qui n'est que du pays; je suis étranger; je ferai fortune. En attendant, je voudrais bien trouver mon frère. Il me vient une idée; je vais frapper à toutes les portes que je verrai ; je finirai sûrement par trouver mon frère. Voyons , commençons par celle-ci. (Il frappe à la porte de Rosette,. Rosette vient derrière lui.)

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