‹ Œuvres de FlorianChapitre 163 sur 285 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

contre une jeune fille qui lui ressemblait à s'y méprendre ; cette seule raison me la fait préférer à toutes les beautés du village ; je la distingue , je lui marque des attentions ; elle m'accueille, elle accepte mon hommage; et moi , n'osant porter mes vœux jusqu'à l'original, je me trouve trop heureux de les adresser au portrait. Voilà l'histoire de mon amour pour mademoiselle votre fille.

MATHURINE

Monsieur Duyal , il est impossible de se fâcher d'une pareille déclaration, surtout quand on n'a pu s'empêcher de laisser voir qu'on la désirait; mais enfin c'est le portrait que vous voulez, c'est le portrait qu'il vous faut, et vous ne seriez pas homme à le sacrifier à l'original.

d u va L.

Ah ! dites un mot , un seul mot , et vous verrez

MATHURINE

Vous abusez de vos avantages. Mais écoutez, monsieur Duval : vous m'avez raconté l'histoire de vos amours , il faut que je vous raconte la mienne.: Quand mon mari vint à m'aimer , il faisait la cour à unei -petite pajsanne du village, qui apparemment me ressemblait aussi. Je lui fis entendre que je

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4o LA BONNE MÈRE,

n'aimais point ces distractions; et j'exigeai quïil écrivit à mon portrait une lettre bien claire,, par laquelle il lui annonçait qu'il ne l'avait jamais aimée, et que tout son cœur était à moi.

DU VAL

Quel fut le prix de ce sacrifice?

M AT H URINE

Ma main.

duvàl.

Vous lui signâtes sans doute,' en même temps qu'il écrivit la lettre , une promesse de l'épouser le lendemain ?

MÀTHUIlïtfE.

Le jour même.

duval.

A^ez-vous une plume et de l'encre chez vous?

MÀTHURINE.

Tout ce qu'il faut.

duval.

Donnez-vous la peine de passer dans votre maison , nous terminerons notre conversation par écrit.

MATRURI NE.

De tout-mon cœur , monsieur Duval : ehï que ne parlez-vous ? Souvenez-vous cependant

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