SCÈNE IX
mètre «fait tuer sans sa permission -T mais coinme c'est le premier chagrin que je lui ai donné , j'espère qu'elle mêle pardonnera pour cette fois ; l'assurant bien du fond de mon âme que jamais il ne m'arrivera plus de rien faire qui lui déplaise , et que je ne regrette de ce monde que le bonheur et le plaisir de l'aimer.
Je donne et~ lègue à mademoiselle Lucettc tout le bien paternel dont je peux disposer sans mettre ma mère mal à son aise , lui pardonnant ma mort et tout ce qu'elle m'a fait souffrir , et désirant de toute mon âme qu'elle soit heureuse avec celui qu'elle m'a préféré. Je mets pourtant la condition à ce legs y que le premier garçon de mademoiselle Lucette sera nommé Arlequin, et qu'elle pensera quelquefois à moi en aimant et caressant Arlequin , ce qui m'empêchera de m'ennuyer dans l'autre monde.
Je donne encore et lègue une petite pension alimentaire au petit chien Aza que j'ai donné à mademoiselle Lucette , sentant fort bien que ce petit chien ne sera plus aimé de sa maîtresse quand elle aura épousé mon rival , et ne voulant pas que ce bon petit chien , qui a été mon camarade , meure de faim pour avoir déplu comme moi.
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Voilà à quoi se réduisent toutes mes volontés : c'est la première et la dernière fois que j'en ai d'autres que celles de mademoiselle Lucette.
Signé Arlequin.
(Arlequin veut reprendre te testament, Lucette le retient. )
Arlequin , gardez votre bien : mais laissezmoi cet écrit : il ne me quittera jamais ; je le lirai toute ma vie , du moins jusqu'à ce que mes larmes t'aient efface»
A.RLEQUIW.
Vos larmes I Quoi! vous pleurez! Et de quoi pleurez-vous ? Que vous est-il arrivé , mademoiselle Lucette ? Ah î parlez , contezmoi vos peines : j'ai bien cédé votre bonheur à M. Duval y mais je ne veux céder à personne vos chagrins.
Mon ami....
ARLEQUIN
Oui, je le suis votre ami, je lesuis toujours, je le serai tant que je vivrai. Vous n'avez plus voulu être mon amie , vous m'avez ôté votre amitié ; c'est un bien grand malheur pour moi : mais ce qui l'a un peu soulagé, c'est que je n'ai jamais pu vous ôter la mienne. Ré-
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SGÈNE IX. 4g
pondez-moi donc, qu' avez- vous ? qu'est-ce qui vous chagrine?
IïïCETTE.
Le repentir, la honte d'avoir pu vous méoonnaitre un moment, d'avoir été ingrate envers vous. Ma vanité, mon âge, m'ont égarée : mon cœur n'a pas été coupahle, mon cœur vous a toujours aimé, Arlequin; soyez-en bien sûr : et cet amour si vrai. . .
ARLEQUIN
Que dites-vous donc, Lucette? Répétez, répétez , je vous en prie ; je n'ai sûrement pas bien entendu. Vous m'aimeriez I vous m'aimeriez encore ! Hélas ! mon Dieu , votre changement a pensé me faire mourir de douleur, votre retour me ferait mourir de joie. Je n'ai pas besoin d'aller à la bataille, vous me tuerez quand vous voudrez.
Oui, je t'aime, je t'ai toujours aimé, je pleurerai toute ma vie le malheur dé t'avoir perdu; je te le dis, je te le répète, je trouve du plaisir à te l'avouer dans l'instant où je n'espère plus- de pardon, où je ne me flatte plus...
ARLEQUIN
De pardon I ma bonne amie , qu'est-ce que c'est que ce mot-là! Quoi ï j'allais mourir, ta
Iliéâtre. 2. 5
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5o LA BONNE MÈRE,
m'accordes la vie, et tu me parles de te pardonner! Mais c'est à moi de te remercier, puisque c'est moi qui reçois ma grâce.
EDCEÏIÏ.
Quoi ! tu daignerais. , , ]
Oui, je daignerai être heuseux : car, il ne faut pas t 'abuser, tonte perfide, tout infidèle que tu étais, je n'ai jamais pu te haïr; tu, l'aurais été cent fois davantage, je t'aurais toujours chérie ^ il dépendait de toi, mon amie, de m!oter mon hoaheur» mais non pas mon amour,
i n g % t v b lui tend 4m mabu
Faisions donc, la pais* veuxrtu?
De toute mon ame. Mais tous ne danserez plus avec M. Duval?
Jfeae lui parlerai de »a vie» Mais tu n'iTa» poin* à U guôwfc?,
ÀBiLtRO/UI»*
Ah! damel tf'eat <iiffi$U<3 à arranger, à cause de ce générai qui m'attend. Mais , écoute; je lui écrirai qu'il donne toujours; sa bataille , parce que j'ai eu des affaires , et que je mesnia arrangé avec toi* Gth s'il lui fallait »bsoliiî»e»t quelqu'un ; no»* pourrions lui
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