ACTE II, SCENE II
BLANCHE
Ce n'était pas pressrf.
LA FÉE
Cela l'était beaucoup : car tu conviens toi-même Qu'il aurait pu mourir de sa douleur extrême.
Heureusement, îe péril est passé; Il va se marier à la jeune Lucette , Qui depuis si long-temps a pour lui de l'amour.
BLANCHE
Il va se marier?
LA FE£
Oui , dans ce même jour.
Sitôt que je t'aurai conduite à cette cour, Je retiendrai pour être de la ftte.
blanche.
Je ne l'aurais pas cru. Quoi ! dans si peu d'instans Colin s'est consolé !
LA FÉE
Pour l'oublier :oi-même,
Il t'a fallu bien moins de temps.
D'ailleurs c'est un effort suprême De mon art qui peut seul détruire tant d'amour. Sans moi, Colin t'aimait jusqu'à son dernier jour. Mais , grâces à mes soins , il épouse Lucette. Te voilà bien tranquille, et surtout satisfaite. Partons, car il est tard.
BLANCHE
Je ne veux plus partir.
Vous seule avez causé mon infortune affreuse j
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238 BLAJNCHE ET VERMEILLE.
C'est par vos seuls bienfaits que je suis malheureuse : Laissez-moi , laissez-moi mourir.
LA FÉE
Je n'ai jamais contrarié personne :
Tu me chasses , je pars : tu me rappelleras ;
Je reviendrai , car je suis bonne ; Avant la fin du jour toi-même en conviendras.
(EiUesorL}