‹ Œuvres de FlorianChapitre 33 sur 285 · ARLEQUIN, LES DEUX EJ^FÀNS · texte numérisé non relu

ARLEQUIN, LES DEUX EJ^FÀNS

ARLEQUIN

Avez-vous bien lu , ce matin?

l'aîné.

Oh! oui, mon papa.

ARLEQUIN

Votre maman a-t-elle été contente de vous?

LE CADET

Elle a dit que oui , mon papa.

ARLEQUIN

Vous ne l'avez pas fait enrager? elle n« vous a pas grondés ni l'un ni l'autre ? l'aîné.

Au contraire, mon papa, elle nous a bien baisés.

arlequin, les embrassant avec tendresse.

Cela étant, venez Tne baiser aussi. (Arlequin, pendant tout ce couplet , a son visage tout près et au milieu de ses deux en fans ; // les baise presque à chaque parole,) Quand vous voudrez me rendre bien heureux, vous n'avez qu*à

rendre TOtre mère bien contente. Elle en sait plus que nous trois>, voyez- vous? ainsi nous ne devons être occupés ;qu?e ^de- faire ' tout ce qu'elle veut. Nous y trouverons son; plaisir d'abord, et puis notre bien; c'est tout ce qu'il nous faut, n'est-il pas vrai?

L'Ai né. • Oui , mon papa. Mais, puisque nous avms été bien sages , vous devriez bien nous conter quelqu'un de ces beaux contes que vous savez.

LE CADET

Ab ! oui , mon papa.

arlequin.

Volontiers : aussi-bien nous nous ennuyons quand elle nous laisse seuls ; cela nous fera passer le temps. Allons ,. asseyons-nous. (Il t'assied par terre, et fait asseoir un enfant sur chacune de ses jambes ; les deux petits, garçons écoutent attentivement. ) Il y avait une fois un roi et une reine qui.s'aiinajent beaucoup, et que tout le monde aimait.... Ceci n'est pas un. conte , au moins.

LE CADET

Ohl nous vous. croyons. binu>i mon papa.

l'aï, w É.î.

Nous- voué 'croyons*' comme si nous le voyions*

^SCENEIX. 77

-, jÀiRLEQU,lN.

La reine était .aussi, belle que le- roi était bon, mais ils n'avaient point d'enfans, et cela leur faisait du chagrin, Un jour; que la. reine était toute seule dans sa chambre , elle entendit du bruit dans la > cheminée. (Les en fans se serrent contre. sieur papa, ;qui .retire aussi set jambes y et continue avec la voix moins -assurée.) La reine ;;eut uni peu peur : elle regarde,; et voit descendre Auni;beaui petit- carrosse :traîné par six petits épagneuls verts , avec les oreilles . lilas. Dans le petit carrosse était une petite vieille fée qui n'avait îpas:un;pied de; haut , et qui dit à la reine : Madame la reine , vous aurez un enfant , si vous vouiez consentir à devenir laide, et vieille, Pourvu que .mon mari m'aime toujours, répondit la reine, j'y consens de tout mon cœur. Je suis contente de vous, répondit la petite fée; non-seulement vous aurez un enfant, mais vous en aurez deux,, et vous n'en serez que plus belle. Après cette -parole * le six petits épagneuls verts remontèrent! la* cheminée ventre à terre, et la reine eut effectivement un heon petit prince et une belle .petite princesse , «qui « furent xJiarmans ,rparcejqu ils ressemblèrent à leur mère. l!a î n é.

Ah I, mon, papa, voilà. une! bien, jolie his-

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toire ; mais elle est bien courte : vous devriez

nous en raconter une autre.

LE CADET

Oh! oui, mon papa; encore une, s'il vous plait.

ARLEQUIN

Un moment. Je vous ai donné, il n'y a pas long-temps, un petit livre tout rempli d'histoires : vous m'aviez promis d'en apprendre quoiqu'une par cœur , m'avez-vous tenu parole ?

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