ARGENTINE, ARLEQUIN
ARGENTINE
Je n'ai pas. été long-temps, mon bon ami ; du moins, j'ai fait ce que j'ai pu pour revenir tout de suite.. Où sont nos -énfans ?
ARLEQUIN
Ils sont de l'autre côté.
AR&EUTINE,
Gomme tu es sérieux ! Que t- est-il arrivé ?
Je ne sais pas encot-e.ce qui m'est arrivé.
ARGENTINE
As-tu reçu de mauvaises nouvelles ? Est-il venu quelqu'un ?
ARLEQUIN
Oui, il est venu un domestique qui m'a laissé une lettre pour vous.
ARGENTINE
Pour moi ? Et que ditcette lettre ?
ARLE'QUTN. "
Je n'en s»» rien : la voilà.
Argentine, regardant.
Ah!....:
Arlequin.
Reconnaissez-vous l'écriture?
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SCÉ$BE XH. 85
arg-e«S:Tise.
Oui.
ARLEQUIN
De qui est-elle ?
Elle est, ... (A part.) Que lui dirai-je ?
ARLEQUIN
Hé bien cela vous embarrasse ?
ARGENTINE
Mon ami , me crois-tu capable de te tromper ?
arlequin»*
Répondez-moi d'abord ; « de qui. est . cette lettre ?
ARGENTINE
Je la crois de M. Lslio.
ARLEQ JIN.
Je le crois de même. Ouvrez -la. Ca main vous tremble.
( Argentine ouvre là lettre , et la Ut avec beai*~ coup d'êm'otlotu )
Hé bien?
argentine lui donne la lettre.
Tenez , vous allez me croire coupable , vous aurez le droit de le penser; et cependant le ! ciel m'est témoin que c'est la vertu la plus* pure, le sentiment le plus honnête f qui m^ewipêche de me justifier,
TïiéatreT i. S
ARLEQUI5.
Voyons. ( II prend la lettre en tremblant. ) Cette lettre donne le frisson à tout le monde. ( Il la Ut d'une voix altérée, jetant de temps en temps des regards sur sa femme. ) « Ma chère « amie, j'arrive, et j'ai besoin de toute ma « raison pour ne pas voler dans tes bras* Si « je ne craignais que de me perdre , rien ne « me retiendrait; mais je pourrais te comte promettre , et mon amour même est moins « fort que cette crainte. Il est si important « pour nous de tromper celui qui détruirait « notre bonheur ! Le nom sacré qui l'attache « à toi suffit à peine pour modérer ma haine. « J'espère qu'un jour viendra, et ce jour n'est « pas loin , où nous pourrons nous livrer pu- « bliquement à notre amour , . et dévoiler à « tous les yeux les liens qui nous .attachent « l'un à' l'autre. Adieu ; tâche de venir me « voir , si tu peux échapper aux yeux du bar- « bare qui te veille : j'attends. Tu sais si je x t'aime. Lelio. »
: Et moi, je ne sais si je dors-ou si je veille; mais si je dors, je fais un vilain rêve; et si je suis éveillé... Oh! je le suis. ( Il relit l'adresse.) A madame Argentine. { Il se frotte les yeux. ) :V madame Argentin», Tenez, madame.
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