‹ Œuvres de FlorianChapitre 45 sur 285 · SCENE XVTT · texte numérisé non relu

SCENE XVTT

Avez- vous cru me dédommager, avec de l'argent, de votre cœur que vous m'avez ôté? Non, madame, non; personne n'est assez riche pour me payer ce que vous m'avez volé.

• Mon cœur est toujours à vous; il n'a pas cessé d'être à vous. Je ne peux pas en dire davantage ; mais vous devriez me deviner.

ARLEQUIN

Vous deviner î cela était bon quand nous nous aimions : ce n'est que dans ce temps -là qu'on se devine.

ARGENTINE

Voulez-vous m 'écouter un seul moment?

ARLEQUIN

Oh! parlez; votre ami, M. Lelio, s'est donné la peine d'écrire ma réponse à tout ce que vous direz.

ARGENTINE

Une femme assez malheureuse pour tromper son mari n'en vient pas au dernier crime sans lui avoir donné des sujets de plai rites moins graves : ce n'est qu'à force de négliger ses devoirs qu'elle parvient à les oublier. Si j'étais capable de vous avoir trahi, avant d'en aimer un autre , j'aurais cessé de t'aimer toimême, j'aurais repoussé ta tendresse , j'aurais cherche à te refroidir. Et, réponds-moi ? as-tu

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c$ LE BON MÉNAGE,

jamais remarqué la: moindre diminution dans mon amour -pourvoi, dans -mon désir de te plaire , dans^ mon chagrin de te quitter, dans mon plaisir de te revoir? Rappelle-toi tous les instans de ma vie; en ai-je été un seul sans t^ dire «, sans te répéter,* sans te^prouver que je t^adore?Ton cœur peut-il m'accuser?. . .

-Arlequin.

11 n'est pas question de mon cœur, il ne Vfctt^aeeusèra jamais. La vieille habitude qu'il a- de vous croire tfait qu'il me parle toujours pour vous.... Mais je ne l'écoute pas. Voilà la lettre qui vous condamne ; cette lettre est de M Lelio ; M. Lelio vousaime; <vous-vous cachez de moi pour aller voir M. Lelio ; tout cela est clair — Et, tenez^, M. Pandolfe luimême, à'qui je .viens de tout raconter, parce que je ne peux pas garder mes chagrins , moi , M. Pandolfe a été^plus affligé que surpris; il m'à-dat^û^ M. -'Lelio 's'amusait à être l'amoureux^ de 'doutés :Ié& femmes qu'il ^voyait» Car il ne faut lp&& que; VOus: vous imaginiez être i la seule <piè M. Lelio âdorë. Il semoque devons tout comme des! autres. Il en ^ime peut-être dix ' dans'ee ^momèht^-ci •;> et cette lettre-là a servi pouiv une domaine.* Sânsraller plus loin, M. Pandolfe m'a cU^qual avait un peu tourné te tète S mademoiselle' Roéalba.

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' scène: XVII. 9;

ARGENTINE

Et vous pensez que j'aurais été capable d'enlever un amant à mademoiselle Rosalba , à ma bienfaitrice , à celle à qui je dois tout ! Vous imaginez que j'aurais sacrifié ma tendresse pour toi , mon bonheur , mon repos , pour avoir le plaisir de chagriner mademoiselle Rosalba! Non, mon ami, l'amitié seule m'aurait défendue : mais je l'étais assez par mon amour, qui est aussi vif , aussi tendre, qu'au premier jour de notre mariage. Il est possible qu'une femme trompe son époux, mais elle ne peut pas tromper son amant : l'amour est une sauvegarde encore plus sûre que la vertu. Mon ami , je suis innocente, puisque je t'aime , puisque je t'adore , puisque je préfère la mort à ton indifférence... Réponds-moi... A quoi penses-tu?

Arlequin, la regardant.

Je pense qu'il serait bien dommage que la fausseté eût ce visage-là.

ARGENTINE

Livre -toi au mouvement de ton cœur ; reviens à moi , reviens à celle qui n'a pas cessé d'être à toi. Je ne me relève pas que tu ne m'aies pardonné.

{Elle tombe à ses genoux; les deux enfans accourent, et se mettent aussi a ses genoux.

Théâtre. I. 9

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LES ESFANS.

Ah! mon papa^ pardonnez à notre maman.

(Arlequin, ëmu, retèw tu femme et se met à genoux.)

ÀitLEÇtJIÎ*.

G est à toi dé iné pardonner d'avoir pu te croire "coupable.

les èhfàns, à leur mère.

Ah ! maman , pardonnez à notre papa.

Argentine, l'embrassant.

Enfin y me yoilà heureuse l Mon ami, je te promets qu'il ne te restera pas le moindre nuage ^ je jure <£ue< tout sera éelairci. . .

AïtLEQTrîN.

TCrït Fest j £tàîseffré frt m'as embrassé. (ït rètiièï âùtis skiïistzcWttî ëè ijtfïl ëh-avaït été.)

AB6EBTINE,

Non , mon ami; j'exige dé toi que tu ne me quittés pas une seule minute jusqu'au moment de ma justification.... tôtaiS voici mademoiselle Rosalba. Comme elle est agitée ! Eh ! made*

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SGÊJNE XVIII. 99

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