SCÈNE VI
CLÉANTE, NÉR1JNE.
NERINE.
Monsieur Arlequin paraît enchanté de vous , tant mieux : continuez à vous en faire aimer. Ou je me trompe fort, ou sa fille pourrait bien lui en donner l'exemple.
CLÉANTE
Et sur quoi juges-tu...?
Sur ce que je viens de voir. Vous souvenezvous de cette chanson si tendre que vous fîtes il y a un mois , que M. Arlequin trouva charmante, et sur laquelle mademoiselle Nisida ne dit pas un seul mot ?
CLÉANTE
Oui : hé bien?
NÉRINE
Tout à l'heure j'ai été par hasard jusqu'à la porte du cabinet de mademoiselle JNTisida ; elle y était enfermée. J'ai entendu sa guitare , j'ai écouté : elle chantait votre chanson, tout doucement, à demi-voix, mais avec un accent
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bien tendre , et qui prouvait qu'elle y prenait plaisir. Monsieur, quand les auteui^s nous sont indifférens, on n'a prs peur de louer leurs ouvrages, et l'on ne va pas s'enfermer pourchan* ter tout bas leurs cbansons.
CLÉANTE
Voilà une belle preuve !
KÉRIÎÏE.
Plus claire que vous ne pensez. .... Mais la voici : allons , tâchez de lui parler, de lui faire entendre que vous l'aimez. Vous avez de l'esprit avec tout le monde , excepté avec elle.
CLEANTE.
C'est que je n'ai de l'amour que pour elle.
NÉltlNE.
La voilà : du courage ; je vous aiderai tant que je pourrai.