‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 1 sur 256 · Oeuvres de Fontenelle · texte numérisé non relu

Oeuvres de Fontenelle

l>iET empire est un grand pays très peuplé. Il est divisé en haute et basse poésie , comme le sont la plupart de nos provinces.

La haute poésie est habitée par des gens graves , mélancoliques, refrognés, et qui parlent un langage qui est, à l'égard des autres provinces de la poésie , ce qu'est le bas-breton pour le reste de la France. Tous les arbres de la haute poésie portent leurs têtes jusques dans les nues. Les chevaux y valent mieux que ceux qu'on nous amène de Barbarie, puisqu'ils vont plus vite que les vents; et pour peu que les femmes y soient belles, il n'y a plus de comparaison entre elles et le soleil.

Cette grande ville que la carte vous représente au-delà des hautes montagnes que vous voyez, est la capitale de cette province , et s'appelle le Poème épique. Elle est bâtie sur une terre sablonneuse et ingrate, qu'on ne se donne presque pas la peine de cultiver. La ville a plusieurs journées de chemin, et elle est d'une étendue ennuyeuse. On trouve toujours à la sortie des gens qui s'entretuent; au lieu que quand on passe par le roman , qui est le faubourg du poème épique , et qui est cependant plus grand que la ville, on ne va jamais jusqu'au bout, sans rencontrer des a;ens dans la joie , et qui se préparent à se marier.

Les monlagnes de la tragédie sont aussi dans la province

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