‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 104 sur 256 · AU FEU ROI · texte numérisé non relu

AU FEU ROI

C'est l'Académie royale de musique qui parle, en lui adressant les paroles d'un opéra représenté en 1678.

Graîsîd Roi , quand l'univers apprend avec surprise

Qu'à tes ordres partout ia victoire est soumise,

Que sur les bords tremblans du Rhin et de l'Escaut

Les forts les mieux munis ne coûtent qu'un assaut ,

On a lieu de penser que la France occupée

A s'étendre plus loin par le droit de l'épée ,

Pour cueillir les lauriers dus à tes grands exploits.

Néglige des beaux-arts les paisibles emplois.

Mais quand on voit d'ailleurs que les plaisirs tranquilles

Régnent avec éclat au milieu de nos villes ;

Pendant ces doux loisirs , qui n'assurerait pas

Que la France ne peut accroître ses états ?

Il est vrai cependant que , malgré ses conquêtes ,

Elle suffit encore à préparer des fêtes ,

Il est \Tai que , malgré mille plaisirs offerts ,

Elle suffit encore à dompter l'univers.

Il semble que de Mars les rudes exercices

Ne sont qu'un jeu pour nous sous tes heureux auspices ;

Et que vaincre où tu fais voler tes étendarts ,

C'est la suite des soins que tu prends des beaux-arts.

' La satire des femmes .

Gand , ce superbe Gand , qui donna la naissance Au plus fier ennemi qu'ait jamais eu la France , Ce redoutable Gand, qui, pour être assiégé , Demande un peuple entier sous ses fossés rangé , T'a soumis son orgueil au moment que l'Espagne, Sûre de ce côté , tremblait pour l'Allemagne. Ypres te voit paraître , il reconnaît tes lois , Et rien ne se refuse à l'empire françois. Quel trouble pour l'Europe! et combien d'épouvante Jette dans tous les cœurs ta valeur triomphante? Ces peuples , contre nous ardens à se liguer , Attendent le moment qui les va subjuguer. Nous seuls goûtons la paix quêtes exploits nous donnent ; Et tandis qu'en tous lieux les trompettes résonnent , Que leur bruit menaçant fait retentir les airs, Paris ne les entend que dans nos seuls concerts.

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