PROLOGUE
C'est de savoir jouir de ses appas.
L'Amour charme Ceux qu'il désarme; L'Amour charme , Cédons-lui tous.
Notre peine
Serait vaine *
De vouloir résister à ses coups.
Quelque chaîne Qu'un amant prenne, La liberté n'a rien qui soit si doux.
( Venus descend dans une grande machine de nuages, au travers de laquelle on de'couvre son palais. Les divinités de la terre et des eaux recommencent de joindre leurs voix, et continuent leurs danses.)
CHŒUR des Divinités de la ferre et des eaux-
Nous goûtons une paix profonde ; Les plus doux jeux sont ici-bas ; On doit ce repos plein d'appas
Au plus grand roi du monde.
Descendez, mère des Amours, Venez nous donner de beaux jours.
VENUS
Pourquoi du ciel m'obliger à descendre ? Mon mérite en ces lieux n'a plus rien à prétendre ; En vain vous m'y rendez ces honneurs solennels.
Le mépris est mon seul partage ; Et depuis qu'à Psyché les aveugles mortels , De leurs voix adressent l'hommage , Vénus demeure sans autels.
Dans une si honteuse offense , Laissez-moi sans témoins résoudre ma vengeance. (Flore et les autres dieux se retirent; l'Amour descend dans un nuage. ) TOM. V, x8