SCÈNE IIL LE ROI, BELLÉROPHON
BELLÉROPnON.
Vous venez consulter l'oracle d'Apollon :'
Je viens lui demander ce qu'il faut que j'espère;
De mes états c'est le dieu tulclaire : il écoute ma voix quand j'implore son nom.
BELLÉROPHON
Ce dieu qui chérit la Lycie , Dans ses malheurs voudra la secourir ; Et l'encens qu'en ces lieux vous lui venez offrir , Rendra du ciel la colère adoucie.
Mais quand le monstre immole à sa fureur Tout le sang qu'il trouve à répandre, Verrai-je , sans rien entreprendre , Que par lui , dans ces lieux , tout soit rempli d'horreur ?
LE ROI
Ah! Prince, songez-vous que trois monstres ensemble Sont unis dans ce monstre affreux ;' A son aspect il n'est rien qui ne tremble ; De sa hrûlante haleine il pousse mille feux.
34» BELLÉROPHON
BELLÉROPHON
Ces trois monstres unis n'ont rien qui m'épouvante. Plus le combat coûte au vainqueur , Plus la victoire est éclatante , Et c'est ce qui flatte un grand cœur.