LE ROI, BELLÉROPHON
Ah ! Prince, où vous emporte une ardeur trop guerrière ! En vain à cent périls on vous a vu courir. En vain votre grand nom rempli la terre entière ; Vous cherchez un combat où vous allez périr,
BELLÉROPHON
Je ne vais point combattre un monstre redoutable , Pour remplir de mon nom Tunivers étonné;
Je vais , amant infortuné ,
Finir un sort trop déplorable.
Cent fois , jusqu'à ce triste jour J'ai hasardé ma vie encherchant la victoire ,
Ce que j'ai fait , animé par la gloire , Ne le pourrai-je faire , animé par l'amour ?
LE ROI
Suivre un amour trop téméraire , C'est vous Hvrer vous-même au plus funeste sort.
BELLÉROPHON
Accablé de malheurs , puis-je craindre la mort r
LE ROI
Ménagez votre vie, elle m'est toujours chère :
Par ces aimables nœuds Que je vous destinais avec mon diadème.
Par la princesse même , Accordez , accordez quelque chose à mes vœux. Je vais faire à Neptune offrir un sacrifice : Allons savoir ses volontés ; Peut être il nous sera propice.
LELLÉROPHON.
En vain , Seigneur , vous me flattez , Puisqu'à son fils vous devez la princesse ; Au moins , en combattant , laissez-moi faire voir Que mon amour méritait sa tendresse.
LE ROI
Ah , que je crains pour vous ce fatal désespoir ! Adieu ! quand le péril ne vous peut émouvoir , Je dois vous cacher ma faiblesse.
( On commence à voir ici tout le paysage de l'enfoncement du llicàlre remplie de feu et de fumée , pour marquer le de'gât que fait la Chimère dans le pays. )