‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 172 sur 256 · LE ROI, BELLÉROPHON · texte numérisé non relu

LE ROI, BELLÉROPHON

Ah ! Prince, où vous emporte une ardeur trop guerrière ! En vain à cent périls on vous a vu courir. En vain votre grand nom rempli la terre entière ; Vous cherchez un combat où vous allez périr,

BELLÉROPHON

Je ne vais point combattre un monstre redoutable , Pour remplir de mon nom Tunivers étonné;

Je vais , amant infortuné ,

Finir un sort trop déplorable.

Cent fois , jusqu'à ce triste jour J'ai hasardé ma vie encherchant la victoire ,

Ce que j'ai fait , animé par la gloire , Ne le pourrai-je faire , animé par l'amour ?

LE ROI

Suivre un amour trop téméraire , C'est vous Hvrer vous-même au plus funeste sort.

BELLÉROPHON

Accablé de malheurs , puis-je craindre la mort r

LE ROI

Ménagez votre vie, elle m'est toujours chère :

Par ces aimables nœuds Que je vous destinais avec mon diadème.

Par la princesse même , Accordez , accordez quelque chose à mes vœux. Je vais faire à Neptune offrir un sacrifice : Allons savoir ses volontés ; Peut être il nous sera propice.

LELLÉROPHON.

En vain , Seigneur , vous me flattez , Puisqu'à son fils vous devez la princesse ; Au moins , en combattant , laissez-moi faire voir Que mon amour méritait sa tendresse.

LE ROI

Ah , que je crains pour vous ce fatal désespoir ! Adieu ! quand le péril ne vous peut émouvoir , Je dois vous cacher ma faiblesse.

( On commence à voir ici tout le paysage de l'enfoncement du llicàlre remplie de feu et de fumée , pour marquer le de'gât que fait la Chimère dans le pays. )

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