NEPTUNE, MERCURE
NEPTUNE
Me croit-il donc soumis à ses commandemens ;'
Quoi! me croit-il sous son obéissance.^ Ah ! dans le juste éclat de mes ressentimens, Mon bras se servira de toute sa puissance ;
Je confondrai les élémens ; J'exciterai mes flots , et par leur violence Je causerai partout d'affreux débordemens ; Et sur la terre entière exerçant ma vengeance.
J'ébranlerai ses fondemens.
MERCURE
S'il faut que Jupiter s'obstine Dans l'amour dont il est blessé , Je vois d'une affreuse ruine L'univers menacé.
Songez à prévenir les maux que j'appréhende , L'intérêt commun le demande.
NEPTUNE
Ne ci'oyez point m'intimider ; Non , non , que Jupiter se rende; J'ai prévenu ses feux, c'est à lui de céder.
MERCURE
Une puissance plus grande
Entre vous peut décider ; Consultez le Destin, le Destin vous commande ,
Son arrêt doit vous accorder.
La fin de vos débats ne peut être plus prompte , Vous saurez qui des deux doit obtenir Thétis.
NEPTUNE
J'y consens ; au Destin nous nous rendons sans honte , Il nous tient tous assujétis.