‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 208 sur 256 · JUPITER, THÉTIS · texte numérisé non relu

JUPITER, THÉTIS

JUPITER

Rien n'est donc plus contraire au succès de mes vœux ;

Vous m'opposiez un obstacle qui cesse.

Mais, que vois-je, Thétis? Quelle sombre tristesse .

Dans le moment que tout cède à mes feux i' Pour m'assurer de tout, ce trouble doit suffire. Un fidèle rapport. . .

THÉTIS

Quoi! qu'a-t-on pu vous dire .

JUPITER

Qne Pelée en secret...

TIIÉTIS.

Non, ne le croyez pas;

4oo THETIS ET PELÉE,

Non , si son cœur soupire , C'est pour d'autres appas ; Non , ne le croyez pas.

JUIPTER.

Je vois que vous êtes coupable, Vous vous justifiez d'un air trop empressé :

Votre cœur s'est donc abaissé

Aux vœux d'un mortel méprisable ?

Lorsque je soupirais pour vous , .le rendais seulement son triompbe plus doux ;

Sous une trompeuse apparence , Vous imposiez à cet amour fatal, Qui tenait Jupiter sous votre obéissance. Non , je n'aurai pas trop de toute ma puissance Pour punir à mon ^é mon odieux rival.

THÉTIS

Ciel! que viens-je d'entendre?

Est-ce là cet amour si soumis et si tendre ?

JUPITER

Par de cruels mépris vous osez m'irriter ; Et vous avez recours à mon amour extrême , Quand ma fureur est prête d'éclater.

Tremblez ; c'est cet amour lui-même

Que vous avez à redouter.

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