JUPITER, THÉTIS
JUPITER
Rien n'est donc plus contraire au succès de mes vœux ;
Vous m'opposiez un obstacle qui cesse.
Mais, que vois-je, Thétis? Quelle sombre tristesse .
Dans le moment que tout cède à mes feux i' Pour m'assurer de tout, ce trouble doit suffire. Un fidèle rapport. . .
THÉTIS
Quoi! qu'a-t-on pu vous dire .
JUPITER
Qne Pelée en secret...
TIIÉTIS.
Non, ne le croyez pas;
4oo THETIS ET PELÉE,
Non , si son cœur soupire , C'est pour d'autres appas ; Non , ne le croyez pas.
JUIPTER.
Je vois que vous êtes coupable, Vous vous justifiez d'un air trop empressé :
Votre cœur s'est donc abaissé
Aux vœux d'un mortel méprisable ?
Lorsque je soupirais pour vous , .le rendais seulement son triompbe plus doux ;
Sous une trompeuse apparence , Vous imposiez à cet amour fatal, Qui tenait Jupiter sous votre obéissance. Non , je n'aurai pas trop de toute ma puissance Pour punir à mon ^é mon odieux rival.
THÉTIS
Ciel! que viens-je d'entendre?
Est-ce là cet amour si soumis et si tendre ?
JUPITER
Par de cruels mépris vous osez m'irriter ; Et vous avez recours à mon amour extrême , Quand ma fureur est prête d'éclater.
Tremblez ; c'est cet amour lui-même
Que vous avez à redouter.