‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 210 sur 256 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

THÉTIS

Ah! Pelée, apprenez tous les malheurs ensemble; Jupiter sait enfin nos secrètes amours.

Vous dirai-je encor plus? Ciel! je frémis je tremble; Jupiter menace vos jours.

Quoi ! de votre péril la funeste nouvelle Ne vous inspire pas d'effroi?

PELÉE

Jupiter en fureur ne peut rien contre moi , Vous êtes immortelle.

THÉTIS

Si vous ne craignez pas pour vous , Craignez du moins pour une amante ;

Peut-on vous porter des coups

Que mon âme ne ressente?

PELÉE

Que votre tendresse est charmante , Et que mon trépas sera doux !

L'ennemi qui nous tourmente ,

Lui-même en sera jaloux.

THÉTIS

Craignez du moins pour une amante , Si vous ne craignez pas pour vous.

Quel serait mon destin ? Vous cesseriez de vivre , Et moi je ne pourrais recourir au trépas.

f,oi THÉTIS ET PELÉE,

Si je pouvais vous suivre , Je ne me plaindrais pas.

Hélas! de quelles flammes

Nous perdons les douceurs!

Quel amour enchantait nos âmes i" Quel amour unissait nos cœurs !

Hélas! de quelles flammes

Nous perdons les douceurs !

THÉTIS

Mais quel bruit plein d'horreur trouble mes sens timides ! Tous les vents rassemblés frémissent dans les airs.

PELÉE

Je vois sortir des enfers Les cruelles Euménides.

THETIS

Ah! c'en est fait, je vous perds.

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