‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 225 sur 256 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÉNÉE , ILIONÉE,

ILIONÉE.

JlLnfin , voici le jour qui donne à la princesse

Ou vous , ou Turnus pour époux ;

Le roi va choisir entre vous :

Chassez cette somhre tristesse , Vous pouvez vous livrer à l'espoir le plus doux.

Non , ne me flatte point d'une espérance vaine Les Troyens ne sont plus , Ilion est détruit ; Etranger en tous lieux , chef d'un peuple qui fuit ,

Les plus grands dieux m'accablent de leur haine . Et je pourrais ici voir la fin de ma peine ! De mes tendres soupirs je recevrais le fruit , Malgré l'heureux Turnus appuyé par la reine ! Non, ne me flatte point d'une espérance vaine ; Non, je connais trop bien le sort qui me poursuit.

ILîCXEE.

Vous êtes sûr du moins que ces rives heureuses Termineront enfin tant de courses douteuses ;

Mille crades en sont garans :

Quand vous ne seriez pas i'époux de Lavinie ,

Un autre hymen dans TAusonie.

Fixerait les Troyens errans.

ÉNÉE

Si je n'ohtenais pas ce que mon cœur adore , Si d'un objet charmant il fallait m'arracher , Ah ! serait-il encore Des biens qui pussent me toucher?

ILIONÉE.

Aimez , aimez sans esclavage , Un grand courage , Quoiqu'il soit amoureux , Se rend le maître de ses vœux.

ÉNÉE ET ILIONÉE.

Peut-on aimer ) ^^ns esclavage; Aimez , aimez )

Un grand courage ,

Dès qu'il est ) ^jno^re^^^

Quoiqu'il soit )

N'est plus ) le maître de ses vœux.

Se rend \

ILIONÉE.

Vous brûlez d'une ardeur nouvelle ; Pouvez-vous répondre d'un cœur Qui ne fut pas toujours fidèle ?

Il n'est que la première ardeur Que l'on puisse croire éternelle.

ÉNÉE

Je prenais pour un tendre amour

TRAGÉDIE. 4, g

Quelques feux languissans qui naissaient dans mon âme :

Mais le nouveau feu qui m'enflamme , M'apprend que je n'ai point aimé jusqu'à ce jour.

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