SCÈNE IV
LAVINIE, CAMILLE
LAVITSIE.
D'où me vient un bonheur qui passe mon attente ? Du sort qui m'accablait que devient le courroux? Quoi! je puis par mon choix voir ma flamme contente ? Ciel , Oracle , Destin , dont la-douceur m'enchante , M'est-il permis de m'assurer sur vous.'*
CAMILLE
La fortune est toujours volage.
Sa haine n'est pas sans retour.
De longs malheurs sont le présage Des biens qui viennent à leur tour.
LAVINIE
Je cède aux doux transports où l'Amour me convie ; Grands Dieux ! de quel plaisir mon cœur est pénétre ! Un aimable héros , en secret adoré , Recevra de ma main le bonheur de sa vie;
Il eût pu le devoir au roi , Mais que j'aime à penser qu'il tiendra tout de moi!
LAVINIE ET CAMILLE
Qu'il est doux de pouvoir soi-même Régler le sort de ce qu'on aime !
Qu'il est doux de pouvoir Régler le sort de ce qu'on aime ,
Et combler son espoir !
LAVINIE
Mais quelle est ma frayeur mortelle !
Une obscure vapeur s'élève des enfers.
Quels fantômes sortis de la nuit éternelle ,
Osent paraître dans les airs!
( On entend une symphonie effrayante. ) LAVINIE.
Où suis- je ? quel est mon effroi !
Dieux ! justes Dieux ! quel spectacle terrible ! Dérobons-nous , s'il est possible....