ÉNÉE , TURNUS
ÉNÉE
Seigneur, vous cherchez Lavinie ; Permettez qu'un moment j'ose arrêter vos pas. On a fait choix de vous, et la guerre est finie.
Je sais trop que dans les combats Le sang de nos sujets ne se doit plus répandre.
Mais je puis encore prétendre Que le fer à la main , aux yeux de nos soldats
Nous terminions seuls nos débats.
TURNUS
Préféré par l'objet que j'aime , Je sais que je pourrais ne pas prendre la loi
De votre désespoir extrême :
Mais à la gloire aussi je sais ce que je doi ; J'accepte le combat, et j'obtiendrai du roi .
Qu'il en soit l'arbitre suprême.
Cependant , Seigneur , redoutez Un rival qui sur vous a déjà l'avantage.
ÉNÉE
La victoire que vous vantez N'est pas pour vous peut-être un si charmant présage.
( On entend une harmonie très douce.)