SCÈNE IV. LE ROI, ÉNÉE, LAVINIE, ILIONÉE, CAIMILLE
soldats Troyens , peuples Latins.
LE ROI
Ma fille, tu vois le vainqueur; Pour prix de sa victoire , il a droit sur ton cœur : Mais pour ne vous unir qu'avec d'heureux présages ,
Je veux que ses hommages De Junon , s'il se peut,- fléchissent la rigueur.
ÉNÉE
Il ne me suffit pas que sa colère cesse ,
Mon bonheur le plus grand dépend de la princesse.
( à Lavinie. )
Votre cœur avec moi daigne-t-il partager
Les doux transports que ressent ma tendresse
LAVINIE
Prince , vous ne devez songer Qu'à fléchir la déesse.
ÉNÉE
Redoutable Junon , je viens à vos genoux ,
TRAGÉDIE. 45i
Par des respects profonds , expier ma victoire ; Ce jour donne à mon nom une nouvelle gloire , Et dans ce même jour je me soumets à vous. Consentez au repos où le destin m'appelle , Après tant de Iravaux si longs et si cruels; La haine des immortels Ne doit pas être immortelle.
Espérons, espérons le succès le plus doux, Le ciel ouvre à nos yeux ses barrières brillantes; On ne voit point les marques menaçantes Qui nous annoncent son courroux.