SCÈNE IIÏ
DIANE, LICORIS, ISMÈNE.
Déesse , à vos genoux, qu'avec respect j'embrasse ^
Je viens tâcher d'obtenir une grâce. Mon coeur s'est dégagé d'un malheureux amour: Souffrez que désormais je vous suive à la cliasse:
Recevez-moi dans votre cour.
L'amour n'ose sur vous étendre sa puissance , Je connais ses rigueurs, je crains encore ses coups,"
Je ne puis être en assurance , Si je ne suis auprès de vous.
DIANE
Quels malheurs , quels destins contraires , De Tamour pour jamais vous font rompre les nœuds Endimion toujours néglige-l-il vos vœux ?
ISMÈNE
Il redouble pour moi ses mépris ordinaires , Il renonce au projet qu'avaient formé nos pères
De nous unir tous deux.
Trop funeste projet, où je crus tant de charmes ,
Combien m'as-tu coûté de larmes !
Hélas ! tu n'as fait qu'exciter Un feu qu'il faut éteindre ;
Tu me donnais , pour l'augmenter ,
De vains sujets de me flatter,
Et le triste droit de me plaindre.
DIATSE.
Quand l'amour est en courroux , Son courroux n'est pas durable.
Endimion est aimable ; S'il revient jamais vers vous.
Serez-vous inébranlable ? Vous ne répondez point, je vois votre embarras.
ISMÈNE
Daignez me presser moins, il n'y reviendra pas.
DÎATsE ET LICORIS.
Vous aimez , vous aimez encore , Vos liens ne sont pas rompus.
ISMÈNE
Non , non , mes liens sont rompus.
DIANE ET LICORIS.
Vous aimez , vous aimez encore.
PASTORALES. i43
ISMÈNE
Si j'aime encor, j'implore Votre secours pour n'aimer plus.
DIANE
Vous, dont je suis la souveraine, Nymphes , qui sur mes pas vous plaisez à chasser ,
Piecevez parmi vous Ismène ; A l'amour , comme vous , elle veut renoncer.