SCÈNE IV
DIANE
Où suis-je ? Endimion pour Ismène soupire ; Et moi je me livrais au charme qui m'attire , Déjà je trahissais le secret de mon feu. Après une faiblesse inutile et honteuse , Après avoir en vain commencé cet aveu ,
Quelle vengeance rigoureuse. . .
Mais quoi ! ne dois-je pas me croire trop heureuse
Que l'ingrat m'entende si peu .'' En me causant une douleur extrême , Il met du moins ma gloire en sûreté ; S'il ne m'eût soutenue , hélas ! contre lui-même,
J'oubliais toute ma fierté.
Mais qu'il ne pense pas que je lui rende Ismène ; Qu'il n'attende pas mon secours Pour former une indigne chaîne :
Je redeviens Diane , et veux l'être toujours; Je reprends ma première haine Pour tous les cœurs esclaves des amours.
,i;8 POÉSIES
Je vois le dieu des bois , faut-il que je l'entende r Ma peine , ô ciel ! n'est donc pas assez grande ?
SCÈINE V.
DIANE , PAN , FAUNES et SYLVAINS.
PAN
Déesse, souffrez qu'en ce jour Tous les demi-dieux de ma cour Se soumettent à votre empire ; Mes soins ne peuvent seuls suffire A vous marquer tout mon amour.
Que les forêts , que les monts applaudissent Au choix qu'a fait le dieu des monts et des forêts ; Que les antres les plus secrets
Sans cesse retentissent De Diane et de ses attraits ; Que tous les autres chants finissent :
On ne doit célébrer qu'un objet si charmant Dans tous les lieux où règne son amant.
CHŒUR
Que les forêts , que les monts applaudissent Au choix qu'a fait le dieu des monts et des forêts ; Que les antres les plus secrets
Sans cesse retentissent De Diane et de ses attraits ; Que tous les autres chants finissent :
On ne doit célébrer qu'un objet si charmant Dans tous les lieux où règne son amant.
( Danses des Faunes ) DÎA>E, à Pan,
A recevoir vos soins j'r.i voulu me contraindre;
Peut- être en les fuyant j'aurais paru les craindre : Quand on est trop sévère , on se croit en danger ; Je veux vous annoncer d'une âme plus tranquille ,
Que votre amour est inutile,
Et qu'il faut vous en dégager.
( Elle sort. )