‹ Œuvres de Fontenelle (volume 4)Chapitre 74 sur 256 · SUR MON PORTRAIT · texte numérisé non relu

SUR MON PORTRAIT

Si lorsqu'un seul moment votre œil s'est occupé Sur ce portrait qui , dil-on , est moi-même , Jl ne vous a pas dit : C'est vous seule que j' aime , Piigaut ne m'a point attrapé.

SUR UNE ABSEINCE.

J'emtends la raison en colère ,

Qui gronde et tempête chez moi.

Qui diable est-ce donc que je voi?

Une humeur triste et solitaire

Un noir chagrin , qui n'appartient

Qu'aux grands malheurs, aux funérailles.

Je sais bien qu'elle esta Versailles ,

Mais dans deux jours elle revient.

A cette raison trop cruelle,

Un pauvre enfant , pour tout discours ,

Répond , en criant de plus belle ,

Elle ne revient de deux jours.

Sur l'absence d'une personne à qui l'on donnait le nom d'Iris en vers , et hors de là quelques autres noms.

Quand je me jette avec furie Dans l'affreuse géométrie , Où se trouvent en racourcî Le grimoire et la diablerie , Plein d'une triste rêverie , Dont j'ai l'esprit tout obscurci, Je pense à mon Iris aussi.

Quand quelque Vénus, quehpie Aurore, S'oftre à mes yeux d'un air galant.

Et me dit, non pas en parlant, Je permets que ton cœur m'adore , Ou bien m'en dit l'équivalant , Je pense à mon Iris encore.

ÏOM. V. i3

igS POÉSIES

Encore ! aussi ! Je suis surpris

Qu'ici ces mois là se présentent.

Pourquoi faut-il que mes vers mentent ;

Ne puis-je rimer qu'à ce prix?

Eh ! disons vrai , de par Cypris ;

Et si les rimes n'y consentent ,

Regardons-les avec mépris ,

Au milieu des savans écrits

Qui me plaisent et me tourmentent ;

Malgré les belles de Paris ,

Dont les yeux aisément nous tentent ,

Je ne pense qu'à mon Iris.

Toute vérité sera dite,

Puisque je viens de commencer.

Qu'un objet jamais ne vous quitte ,

Qu'en vain , pour s'en débarrasser

Votre pauvre cerveau s'agite ,

Que ce soit une loi prescrite

D'y penser et d'y repenser;

Tant que chez vous une âme habite ,

C'est , si j 'ose le confesser ,

Une condition maudite :

Aussi, lorscpe je me dépite,

Et qu'Iris vient à me lasser.

Je pense à

Si je me sens pousser à bout Par celle-ci qui me possède.

Diversité , c'est mon remède , Mon cœur à regret s'y résout , Je ne sais si l'Amour m'absout ; Mais enfin quand le mal m'excède , Je pense à .... et c'est tout.

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