SUR MON PORTRAIT
Si lorsqu'un seul moment votre œil s'est occupé Sur ce portrait qui , dil-on , est moi-même , Jl ne vous a pas dit : C'est vous seule que j' aime , Piigaut ne m'a point attrapé.
SUR UNE ABSEINCE.
J'emtends la raison en colère ,
Qui gronde et tempête chez moi.
Qui diable est-ce donc que je voi?
Une humeur triste et solitaire
Un noir chagrin , qui n'appartient
Qu'aux grands malheurs, aux funérailles.
Je sais bien qu'elle esta Versailles ,
Mais dans deux jours elle revient.
A cette raison trop cruelle,
Un pauvre enfant , pour tout discours ,
Répond , en criant de plus belle ,
Elle ne revient de deux jours.
Sur l'absence d'une personne à qui l'on donnait le nom d'Iris en vers , et hors de là quelques autres noms.
Quand je me jette avec furie Dans l'affreuse géométrie , Où se trouvent en racourcî Le grimoire et la diablerie , Plein d'une triste rêverie , Dont j'ai l'esprit tout obscurci, Je pense à mon Iris aussi.
Quand quelque Vénus, quehpie Aurore, S'oftre à mes yeux d'un air galant.
Et me dit, non pas en parlant, Je permets que ton cœur m'adore , Ou bien m'en dit l'équivalant , Je pense à mon Iris encore.
ÏOM. V. i3
igS POÉSIES
Encore ! aussi ! Je suis surpris
Qu'ici ces mois là se présentent.
Pourquoi faut-il que mes vers mentent ;
Ne puis-je rimer qu'à ce prix?
Eh ! disons vrai , de par Cypris ;
Et si les rimes n'y consentent ,
Regardons-les avec mépris ,
Au milieu des savans écrits
Qui me plaisent et me tourmentent ;
Malgré les belles de Paris ,
Dont les yeux aisément nous tentent ,
Je ne pense qu'à mon Iris.
Toute vérité sera dite,
Puisque je viens de commencer.
Qu'un objet jamais ne vous quitte ,
Qu'en vain , pour s'en débarrasser
Votre pauvre cerveau s'agite ,
Que ce soit une loi prescrite
D'y penser et d'y repenser;
Tant que chez vous une âme habite ,
C'est , si j 'ose le confesser ,
Une condition maudite :
Aussi, lorscpe je me dépite,
Et qu'Iris vient à me lasser.
Je pense à
Si je me sens pousser à bout Par celle-ci qui me possède.
Diversité , c'est mon remède , Mon cœur à regret s'y résout , Je ne sais si l'Amour m'absout ; Mais enfin quand le mal m'excède , Je pense à .... et c'est tout.