DE A. M ON TONS
(le la mer, et des expériences nouvelles et fort curieuses qu'il a faites sur le baromètre et sur la nature de l'air ; tant le nom et les découvertes de Amontons ont dr peine , pour ainsi dire , à quitter la place qu'ils tenaient dans nos histoires.
En elTet, celle que cet académicien remplissait dans la compagnie était presque unique. Il avait un don singulier pour les expériences, des idées fines et heureuses , beaucoup de ressources pour lever les inconvéniens , une grande dextérité pour l'exécution , et on crovait voir revivre en lui Mariote, si célèbre par les mêmes talens. Nous ne craignons point de comparer à un des plus grands sujets qu'ait eu l'académie , un simple élève tel qu'était Amontons. .Le nom d'élève n'emporte parmi nous aucune différence de mérite; il signifie seulement moins d'ancienneté, et une espèce de survivance.
Amontons jouissant d'une santé parfaite, qui se déclarait même par toutes les apparences extérieures, n'étant sujet à aucune infirmité , menant et ayant toujours mené la vie du monde la plus réglée, fut tout d'un coup attaqué d'une inflammation d'entrailles; la gangrène s'y mit en peu de jours , et il mourut le 1 1 octobre âgé de quarante-deux ans et près de deux mois. Il était marié, et n'a laissé qu'une fille âgée de deux mois. I.e public perd par sa mxort plusieurs inventions utiles qu'il méditait, sur l'imprimerie, sur les vaisseaux, sur la charrue. Ce qu'on a vu de lui répond que ce qu'il croyailpossible, devait l'être a toute épreuXre; etle génie de l'invention naturellement subtil, hardi , et quelquefois présomptueux, avait en lui toute la solidité, toute la retenue, et même toute la défiance nécessaires.
1^8 elogî:
Les qualités de son cœur étaient encore préférables à celles de son esprit : une droiture si naïve et si peu méditée, qu'on y voyait l'impossibilité de se démentir; une simplicité, une franchise et une candeur, que le peu de commerce avec les hommes pouvait conserver, mais qu'il ne lui avait pas données ; une entière incapacité de se faire valoir autrement que par ses ouvrages , ni de faire sa cour autrement que par son mérite , et par conséquent une incapacité presque entière de faire fortune. .