ÉCRITS ATTRIBUÉS A FONTENELLE
» Nous joignons au second volume divers écrits qui sont attribués
k Fontenelle , tels que la Relation de l'Ue de Bornéo , le Traiié de ia Uberté , la Lettre de la Réêurreclûm des corps , etc.
Il n'eiiste , il est vrai , aucune preuve positive que Fontenelle en soit l'auteur. Nous venons de voir par l'exemple des Letiree du eheyalier (Tfler **, qu'aucun homme de lettres n'a fait violence , comme lui , à l'amour^propre de l'écrivain , lorsque quelque motif de prudence l'y engageait. Mais il y a beaucoup de probabilités que ces écrits sont sortis de la même plume que les ouvrages dont nous venons de parler. Fontenelle avait l'esprit tret^hilosophique , et devançait à cet égard ses contemporains , ceux du moins avec lesquels il a passé la première moitié de sa vie. Il ne serait donc pas étonnant qu'il se fût exprimé librement sur des sujets qui exerçaient sa pensée , mais qu'il n'aurait pas voulu traiter en public. Nous ne croyons pas commettre d'indiscrétion en réunissant ces écrits aux ouvrages de Fontenelle , puisque déjà ils ont été imprimés sous son nom. La Relation de file d# Bornéo fut d'abord publiée par Bayle qui la prit à la lettre , et n'y soupçonna aucune allégorie. On a fait en 1807, à Paris , de cette Relation une belle édition tirée k 94 exemplaires sur papier vélin , a sur papier rose , 21 sur papier bleu , 3 sur peau de vélin et un sur satin. Cette édition a des additions et une clef des
xxTJ NOTICE.
noms allégoriques. Le TVaUé de la Liberié mutilé dans quelques recueiU , a été inséré , avec des corrections , par M. Naîgeoa dans son Dictionnaire de la philosophie, faisant partie de TEn-* cyclopédie méthodique. L'éditeur tient de d'Alembert et Ducloe que Fontenelle a avoué être Tauteur de ce traité. Le même éditeur, dans son Recueil philosophique ^ Londres , 1770, et Condorcet , dans son édition des Pensées de Pascal ^ Londres , 1776 , ont publié les Réflexions sur rargumeni de M. Pascal et de M. Locte, concernant la possibilité d* une autre vie; réflexions que quelques personnes ont attribué à Fréret plutôt qu'à Fontenelle. La Lettre sur la Résurrection des corps se trouve dans la correspondance de Grimm , dans 60 exemplaires de l'édition faite en 1807 de la Relation de l'île Bornéo , et dans des ouvrages plus anciens. Au sujet des ouvrages attribués à Fontenelle , nous ajouterons que l'abbé Trublet le croit aussi éditeur du Recueil des plus belles pièces des poètes français , depuis Fillon jusqu'à Benserade^ qui parut pour la première fois en 1692. ^
RÉFLEXIONS SUR LA. POÉTIQUE , SUR L'ÉGLOGUE , POÉSIES PASTORALES , HÉROIDES , etc.
Nous comprendrons dans le troisième volume de cette édition toutes les poésies et le théâtre de Fontenelle. Les exemples suivront la théorie que l'auteur a développée dans ses réflexions. On verra dans son discours sur l'églogue , qu'il trouvait les bergers de Théocrite et de Virgile trop grossiers , et qu'il crut devoir donner aux siens tout son esprit. « On a reproché avec raison à Fontenelle , dit la Harpe , d'avoir dans ses églogues , trop peu de cette simplicité qui sied bien aux amours champêtres , et de cette élégance que le talent poétique sait unir à la simplicité. On voudrait qu'il mit , à mieux faire ses vers , le soin qu'il emploie à donner de l'esprit à ses bergers; qu'il songeât plus à flatter l'oreille par des sons gracieux , et moins à nous éblouir de la finesse de ses pensées; ses bergers en savent trop en amour , et il en sait trop peu en poésie. On est également frappé du prosaïsme de ses vers , et du raffinement de $es idées... Fontenelle a cependant quelques églogues qui se lisent avec plaisir , particulièrement la première , la neuvième et la dixième. Dans plusieurs autres , il a une délicatesse qui peut plaire , pourvu qu'on oublie que la scène est au village , et qu'on fasse souvent grâce à la versification. »
A l'égard des héroïdes de Fontenelle , la Harpe est encore plus sévère. Oa pourra lire dans son Cours de littérature , ce qu'il en dit.
NOTICE. nuj
point du tout Iliumear polémique , et toutes les querelles me déplaisent. J'aime mieux que le diable ait été prophète , puisque le P. jésuite le veut , et qu'il croît cela plus orthodoxe. »
Un auteur à qui Fontenelle refusa sou approbation en qualité de censeur royal , lui témoigna sa surprise de ce que l'historiea des aracUs se montrait si difficile. Monsieur y répartit Fonteselle y si j'avais été le censeur des oracles > je n'aurais pas approuvé Fouvrage.