DU MARÉCHAL DE YAUBAN
lful«9iM|| l'ûit^r^t ie h guerre , m^ii «uê»i son humanité naturelle Uk \^i r^iMi^il cber9* U leur sacri6ait toujours TécU^ i*vm çQoq^te plui prompt» , # t un^ gloire «ssex capable de seimm; et ce qui ^t encore plua 4iftcile, quelquefois il résistait ta leur CuT^ur à l'impatieyice de» généraux , et s'eiposait aux ra* douUblei diacour» du courtisan oisif. Aussi les soldats lui obéia# $«ieat'<'iU avec uu entier dévoueiqent , moins animes encore par reitréme çonfianee qu'ils avaient k sa capacité , que par la cer* titade et la recottuaiasasce d'ôtre ménagés autapt qu'i] était possible.
Pendant toute U guarre que la paiv dt Nimègne termina , sa vie fut une action continuelle et trës-yiye : former des dessina id sièges , conduire topa ceux qui furent faits , du moins dès fa ils étaieiit de quelque importance | rép^e^les places qu'il , irait pri^^f et les reodre plus fortos; visiter toutes les fron* ti«res; fortifier toul C9 qui pouvait être exposé aux ennemis; sa tran^rt^r ^%n$ toutes les armées , et souvent d'une extrémkë dn royaume k l'autret
U fut fait brigadier d'infantçrie en 1664 9 marécbal de camp fa 1676» et en 1678 commissaire général des fortifications de France « cbarge qui vaquait par la mort du ckeyalier de Clarw- TÎIIe. n se défendit d'abord de l'accepter ; il en craignait ce qui raanît Cait délirer à tout autre , les grandes relations qu'elle lui éormaii tree la Dainistre. Cependant le roi l'obligea d'autorité k ]»«ndre la charge ; et il faut avouer que malgré toute sa droiture , il n'eut pas lieu de s'en repentir. La vertu ne laisse pas de Ffiissir quelquefois , mais ce n'est qu'k force de temps et de
La paijL deNimàgtte lui 6ta le pénible emploi de prendre des places V mais elle lui en donna un plus grand nombre à fortifier. U fit la fameux porldt Dunkerqua, son chef^l'oenvra , et par conséquent celui da son art. Strasbourg et Casai, qui passèrent ta )69l lOUf la pouvoir du roi , furent ensuite ses travaux les pla$ «onaidérables. Outre Ici grandes et magnifiques fortificatioQsda Stra«bouri( , il y fit faire pour la navigation de la Bruche, i^ éclueei , dl09t Pexécution était si difficile, qu'il n'osa la confier à personne , et la* dirigea toujours par lui-même.
La guerre raçommeoça en i683 , et lui valut Tannée suivante la gloire de prendre Luxembourg , qu'on avait cru jusques-là imprenable t et de le prendre avec fort peu de perte. Mais la guerre naissante ayant été étouflBsepar la trêve de 1684, il reprit ses foQctioos de paix , dont les plus brillantes furent l'aqueduc ^ M aintenon , de nouveaux travaux qui perfectionnent le canal 4e U coQunuiûcatioa des mefs , Mont^Royal et Landau.
Il semble qu'il aurait dû trahir les secrets de son art par la grande quantité d'ouvrages qui sont sortis de ses mains. Aussi a-t-il paru des livres dont le titre promettait la véritable manière de fortifier selon Yauban } mais il a toujours dit ^ 6t il a fait voir par sa pratique , qu'il n'avait point de manière. Chaque place différente lui en fournissait une nouvelle , selon les différentes circonstances de sa grandeur , de sa situation , de son' terrain. Les plus difficiles de tous les arts sont ceux dont les objets sont changeans , qui ne permettent point aux esprits bornés l'application commode de certaines règles fixes , et qui demandent à chaque moment les ressources naturelles et imprévues d'un génie heureux.
En 1688 , la guerre s'étant rallumée , il fit sous les ordres de Monseigneor , bs lièges de Philisbourg , ie Manheim et de Frankendal. Ce grand prince fut si content de ses services , qu'il lut donna quatre pièces de canon à son choix , pour mettre en son château de Bazoche : récompense vraiment militaire j privilège unique , et qui , plus que tout autre , convenait au père de tant de placés fortes. La mcme année, il fut fait lieutenant-général. ' L'année suivante , il commanda k Dunkerque , Bergoes et Ypres y avec ordre de s'enfermer dans celle de ces places qui serait assiégée ; miais son nom les en préserva.
L'année 1690 fut singulière entre toutes celles de sa vie | il n'y fit presque rien, parce qu'il avait pris une grande et dangereuse maladie à faire travailler aux fortifications d'Ypres , qui étaient fort en désordre , et à être toujours présent sur les travaux. Mais cette oisiveté , qu'il se serait presque reprochée , finit en 1691 par la prise deMons , dont le roi commanda le siège en personne. Il commanda aussi l'année d'après celui de Namur , et Yauban le conduisit de sorte qu'il prit la place en trente jours' de tranchée ouverte , et n' j perdit que huit cents hommes , quoiqu'il s'y fAt fait cinq actions de vigueur très-considérables.
Il faut passer par-dessus nn grand nombre d'autres exploits , tels que le siège de Charleroi en 93 , la défense de la basse-Bre^ tagne contre les descentes des ennemis en 94 et gS , le siège d'Ath en 97 , et nous hâter de venir à ce qui touche de plus près cette académie. Lorsqu'elle se renouvela en 99 , elle démanda au roi M. dé Yauban pour être un de ses honoraires ; et si la bienséance nous permet de dire qu'une place dans cette compagnie soit la récompense du mérite , après toutes celles qu'il avait reçues du roi en qualité d'homme de guerre, il fallait qu'il eu reçût une d'une société de gens de lettres en qualité de mathématicien. Personne n'avait mieux que lui rappelé du ciel les mathématiques , pour les occuper aux besoins des hommes , et elles avaient
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jnris entre ses mains une utilité aussi glorieuse peut-^tre que leur plas grande sublimité. De plus , l'académie lui devait une r«- ' connaissance particulière de l'estime qu'il avait toujours ene poar elle ; Us avantages solides que le public peut tirer de cet établissement y avaient touché l'endroit le plus sensible de son âme.
G)fflme après la paix de Rîswick il ne fut plus employé qu'à visiter les frontières ^àr faire le tour du royaume , et à former de nouveaux projets , il eut besoin d'avoir encore quelque autre occnpation , et ^1 se la donna selon son cœur. Il commença à mettre par écrit un prodigieux nf»mbre d'idées qu'il avait sur différens sujets qui regardaient le bien de l'état , non-seulement sor ceux qui lui étaient les plus Cipniliers , tels que les fortifications 9 le détail des places , la discipline militaire , les campe* mens, mais encore sur une infinité d'autres matières qu'on aurait cm plus éloignées de son usage; sur la marine, sur la course par mer en temps de guerre, sur les finances mêmes , sur la cultare des forêts , sur le commerce et sur les colonies françaises en AnM|iqia«. Une grande passion songe à Jtout. De toutes ces différentes vues, il a composé douze gros volumes manuscrits , qu'il, a intitulés ses oisweiéa. S'il était possible que les idées qu'il y propose s^eaçcutasscnti, ses oisivetés seraient plus utiles que tous ses tribaux.
La succession d^Elspngne ayant fait renaître la guerre, H était à Namnr au commencement de l'année 1703, et il y donnait oïdie à des réparations nécessaires , lorsqu'il apprit que le roi Tavait |&onoré du bàion de marécbal de France. Il s'était opposé lui^Bême. quelque temps auparavant , à cette so^éme éleva 'ion que le rot lui avait annoncée; il avait représenté qu'elle empécberait qu'on ne l'employât avec des généraux du même rang , etfenût naître des embarras contraires au bien du service. 11 «imait Hiieux être plus utile , et moins récompensé ; et pour suivre soA goût, il n'aurait fallu payer ses premiers travaux, que par d'autres encore plus nécessaires.
Yen la fin de la même année , il servit sous monseigneur le duc de Boi|rgogne au siège du Vieux-Brisac , place très-considéraUe , qui fut réduite à capituler au bout de treize jours et demi àe trancbée ouverte , et qui ne coûta pas trois cents hommes.
C'est par ce siège qu'il a fini , et il fit voir tout ce que pouvait ton art, comme s'il eût voulu le résigner alors tout entier eutre lesnuins du prince qu'il avait pour spectateur et pour cbef.
Le titre de mqréchal de France produisit les iaconvénâens qu'il avait prévus^ il demeura deux^ans inutile. Je l'ai entendu soU" vettt s'en plaindre; il protestait que pour l'intérêt du roi et d« Vfctat, il aurait foulé aux pieds la dignité avec joie. Il J^auraii
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fftit , et jftttâiè il bê Téûe êi bieti iïiértiéê , f aAiâi^ iHéme il rk*eà éMt ai bien sotiteAu le tëritable ëcUt.
Il se consolait avec ieé AatàHteftoisîtet^s. Il n'épargnait Aùeiine dépense pôtir àlttàsser U quantité infinie d'instructîMis et de mémoires dont il ayait besoin , et il ôccnpitit sans cesée Un grand notnbrè dé secrétaires , de dessinateurs , dé càlculatetifs et de oopisteé. il donna an roi en t^o4 nn gros' maliu^iit , <|ui contenait tont cé qu'il y a de plus fin et dé plus âecret datas là coti* duite de Tattàqne des plaées ; présent le plus ftoble qu'ùti sujet ^ puisse jamais faire à son maître , et que le maître ne pdttvàit re^ eevoir que de Ce seul sujet.
En lydG , aprë^ là bataille de Ràmilly , le maréchal de Yàiiban fut envoyé pour commander à t>unkerque *et Sur la c6ie de Flandre. U rassura par sa présence les esprits étonnés ; il edipécha la perte d'un pays qu'ori voulait noyer four prévènil: le siège de Dunkerqué , et le prévint d'ailleurs par un catâ]^ re-^ tranché qu'il fit entre cette ville et BergueS , de sorte que ll^s etn* nemis eussent été obligés de fàife en mAUié teftips l'iUvvèttetirê de Dunkerqué, de Bergués et dé^é càxUp, ce qui était âb96lù<» ment impraticable.
DaUséette méine caHipàgne, plaèiéursdeUôsplaiHls ne s*étânt pas défendues comme il l'aurait souhaité , il voulut défende par^ ses conseils toutes celles qui seraient attaqUéesà l'^rrenir , et coùt^ TnenÇà sur cette matiërè UU ouvrage «(û'il dèi^tinàit au mi y et qu'il n'a pu finît êntiëreriient. Il môurttt lé 3o niars i^à'f , d^tinè fittiion de poitrine accoinpiignée d'une gb6sse Aëvre qiô Veutporta en huit jours , qu6fif u'il Mt d'un teïttpëraâietttttf^iirubtiste , et qui semblait lui promettre encore plusieurs Années dé vie. Il avait soixante-qnatortè ans Uàoins un runit.
Il av^t épou^ Jeanne d'AunUy, de lafiunillé des bâfons dltspiry en Nivemois , noortè avant iui. Il en a laissé éént filles , niadaUiie la eotizfesse de Yillebertin , et madame la Itttrf uisé d'Ussé.
Si l'on Yéut va4r toute Sa vie militaire en abnégé , 0 a fait travailler à trois ^nts pkces Anciennes , et en a fiiit IVèAlé-trots neuves ^ il a conduit cinquante-^trois sièges , dont trente ont été ^its sons les ordres du roi en personne , ou de Monseigneur , onde monseigneur le duc de Bourgogne , et le.^ viAigt«troi$ autres sOus difiGérens généraoz 3 il s'est trouvé à cent quarante actions de vigueur.
Jamais les traits de la simple nature n'ont étd^uiéux Uiàrques qu'en hii , ni plus éieniipts d^ tout mélangé étranger. Un sens ■ droit et étendu , qui s'attachait au vr«f par une espèce dé sytti^ pathie , et sentait le faux sans le discuter , lui ^rgnait les longs-
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drcnits par où les autres marchent; et d'ailleurs sa vertu ^ai| en quelque sorte un instinct Ifeureux , si prompt qu'il prévenait ta raison. Il mépri^it cette politesse superficielle dont le monde se contente, et qui couvre souvent tant de barbarie; mais sa bonté y son humanité,* sa libéralité lui composaient une autrf politesse plus rare, qui était toute dans son cœur. Il seyait bien k tant de vertu de négliger des dehors , qui à la vérité lui appartiennent naturellement , mais que le vice emprunte avec trop de facilité. Souvent le maréchal de Vanban a secouru de sommes asiet considérables des officiers qui n'étaient pas en état de son* tenir ie service; et quand on venait à le savoir , il disait qu'il prétendait leur restituer ce qu'il recevait de trop des bienfaits du roi. Il en a été comblé pendaiftt tout le cours d'une longue vie, et il a eu la gloire de ne laisser en mourant qu'une fortune médiocre. Il était passionnément attaché au roi , sujet plein d'une fidélité ardente et sélée , et nullement courtisan ; il aurait îafiniment mieux aimé servir que plaire. Personne n'a été si touvent que lui , ni avec tant de courage , l'introducteur de la vérité; il avait pour elle une passion presque imprudente, et incapable de ménagement. Ses mœurs ont tenu bon (contre les dignités les plus brillantes , et n'ont pas même combattu. En un mot, c'était un romain qu'il semblait que notre siècle eât dérobé atux plus heureux temps de la république.